Bulletins de l'Ilec

Tiercé gagnant

le 26/03/2019

Pour ses actions dans trois domaines, « produits durables et responsables », « projet collaboratif industrie-commerce » et « service et information au service des consommateurs », Rainett a été honorée par le Grand Prix RSE 2019 de l’Essec1. Entretien avec Benoit Renauld, directeur général de Rainett France et Benelux

Le grand Prix RSE récompense trente ans d’efforts de la marque en développement durable. Rainett y est-elle toujours une marque pionnière ?

Benoit Renauld : Rainett a été la première marque grand public à recevoir la certification cradle to cradle en 2013. Le discours dominant qui privilégie la réduction de l’impact oublie que l’impact demeure, même diminué ; le cradle to cradle vise un impact nul voir positif, la non-toxicité pour l’homme et pour l’écosystème. Nous demandons une traçabilité non seulement à nos fournisseurs mais également aux fournisseurs de nos fournisseurs, pour une totale sécurité sur tous les ingrédients qui entrent dans la composition de nos produits. Rainett est donc toujours pionnière auprès du grand public, car dès l’origine nous n’avons pas souhaité n’être distribués que dans les magasins bio mais dans les grands circuits : l’écologie doit être populaire ; ne pas s’adresser uniquement à une élite intellectuelle et économique mais toucher l’audience la plus large.

Les consommateurs n’ont pas été les premiers informés de la singularité de Rainett. Les étapes du faire-savoir votre savoir-faire ont-elles une justification fondée sur la capacité du public à comprendre les défis technologiques ?

B. R. : Nous sommes une entreprise de taille moyenne, ce qui nous conduit à avoir une communication adaptée à nos moyens, qui ne peut aller dans toutes les directions au même moment. Et il y a eu la nécessité, dans un premier temps, de travailler avec les professionnels, l’amont, les emballeurs, les recycleurs, pour les associer à notre démarche, avant de communiquer auprès du grand public. C’est parce qu’aujourd’hui nous sommes satisfaits de notre démarche que nous le faisons, depuis une campagne d’affichage au printemps 2018 et une campagne télévisée centrée sur les plastiques recyclés. Nous souhaitons, à cet égard, dissiper la confusion – des consommateurs et de certaines parties prenantes – entre recyclé et recyclable : un emballage recyclable n’est pas obligatoirement fait avec du plastique recyclé, et un emballage fait avec des produits recyclés peut ne pas être recyclable. Il faut donc préciser « produit fait avec des matières recyclées et recyclable ».

Quelle technologie singulière avez-vous conçue pour générer le moins possible de nouveaux emballages à partir de PET vierge ?

B. R. : Dans l’utilisation de matériaux recyclés, on utilise des flacons qui ont déjà servi, collectés, triés (tri optique laser) par rapport à la couleur et à d’éventuelles contaminations chimiques, réduits en copeaux. Les flocons (pellets) de plastiques récupérés sont de très bonne qualité, comme l’atteste notre certification FDA grade alimentaire. Indépendamment des contraintes techniques citées, nous avons des contraintes économiques, en raison du coût plus élevé, de l’ordre de 30 %, du PET recyclé par rapport au PET vierge. Mais ce coût supplémentaire n’est pas répercuté dans nos prix de vente. Société familiale, la recherche du profit n’est pas notre objectif premier.

Votre technologie d’emballage est, selon vos souhaits, ouverte à tous et non brevetée ?

B. R. : Nous sommes dans une logique de contribution à l’effort collectif, aussi n’avons-nous pas déposé de brevets, contrairement aux habitudes de certains grands groupes. L’écologie impose de lever toutes les barrières. Les industriels du recyclage ont besoin de visibilité pour investir. Nous lançons un appel à nos concurrents ; parlons du vrai plastique « post-consommateurs » (flacons utilisés par eux), et non du « post-industriel », rebut réutilisé dans la production. La confusion peut donner de faux taux de recyclage.

Votre gamme « Rainett Zero % » à l’intention des consommateurs à peaux sensibles et atopiques traduit-elle une avancée technique qui vous est propre ?

B. R. : Il n’y a pas d’avancée technique majeure. Le concept « zéro » existe depuis longtemps, notamment dans les lessives, les cosmétiques, les shampoings, les gels douche, sans que l’offre soit totalement écologique. Quand Rainett affiche « zéro », c’est pour aller plus loin que l’offre du marché, avec zéro conservateur, parfum ou colorant, et zéro molécule type MIT (méthylisothiazolinone), COV (composés organiques volatils), pour des consommateurs qui ont un réel problème dermatologique, de plus en plus nombreux car mieux dépistés. Dans un univers domestique où on désinfecte trop, on est moins résistant aux microbes, et on développe plus d’allergies.

Quels sont les nouveaux défis techniques que vous souhaitez relever ?

B. R. : L’emballage des lessives en doypack, qui représente 70 % de plastique en moins qu’une bouteille, n’est pas recyclé, car c’est un plastique multicouche. Il le sera d’ici au début de 2020. Les lessives Rainett seront dans des poches recyclables, leur image écologique en sera renforcée.

1. https://sites.google.com/a/essec.edu/essec-chaire-pgc/nos-evenements/le-grand-prix-de-la-consommation-responsable.

Propos recueillis par Jean Watin-Augouard

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