Bulletins de l'Ilec

Luxe et communication, des marques employeurs de référence - Numéro 402

01/07/2009

Les entreprises préférées des étudiants ? La notoriété de la marque tient une bonne place, avec la qualité des produits ou services et la variété des missions, parmi les variables déterminantes. Mais les enjeux environnementaux et la crise financière ont modifié le paysage.

Pourquoi un classement de la « marque employeur » parmi les étudiants ? Abdou Ziat : Universum, société suédoise, réalise depuis 1997 dans les pays scandinaves, et depuis 1998 dans le monde entier, une enquête1 dont l’objectif est de connaître les attentes, les aspirations des jeunes, et d’améliorer la communication des entreprises auprès d’eux. Elles peuvent comparer, par pays et par région, leur image d’employeur sur notre site universumglobal.com. Quels sont les critères de l’enquête, et le choix des étudiants français ? A. Z. : Sont étudiés la réputation et l’image institutionnelle de l’entreprise, le poste souhaité, la culture d’entreprise, les espoirs de rémunération et opportunités de promotion. En France, les étudiants attendent, pour le premier critère, une direction fiable, des produits et des services attrayants et une bonne réputation. Le choix du poste, deuxième critère, est lié à la diversité des missions, aux opportunités offertes à l’étranger et au niveau de responsabilité élevé. Sur le plan de la culture d’entreprise, les étudiants privilégient une ambiance de travail dynamique et créatrice, des manageurs qui encouragent le développement professionnel et favorisent un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Sur le plan de la promotion, l’employeur doit avoir une bonne référence, offrir des perspectives de salaire élevé et des possibilités de promotion rapide. La crise financière a-t-elle changé les préférences ? A. Z : Nous avons pu observer quatre évolutions : les étudiants se dirigent moins vers les banques, françaises ou étrangères, privilégient moins l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, accordent beaucoup plus d’importance à la responsabilité sociale des entreprises et moins à l’attrait des produits et services. Comment évolue le classement des employeurs idéaux des diplômés des écoles de commerce ? A. Z. : LVMH, solide numéro un pour la quatrième année d’affilée, est suivi, également pour la quatrième année, par L’Oréal. Air France gagne une place par rapport à 2008 et se hisse au troisième rang. Canal + fait son entrée dans le quinté de tête, à la quatrième marche, gagnant deux places par rapport à 2008. Enfin Google, qui avait effectué la meilleure entrée dans le classement commerce en 2007, en se plaçant directement à la dix-septième position, continue sa percée en 2009 pour se placer sur la cinquième marche, gagnant sept places par rapport à 2008. Ces changements confirment l’attirance des jeunes diplômés des écoles de commerce pour les médias, le marketing et le luxe, et plus globalement pour les fleurons de l’industrie française, européenne et mondiale. Et les marques employeurs suivantes ? A. Z. : Danone, troisième en 2008, occupe la sixième place en 2009, suivie par Ernst & Young, qui conserve sa septième place, illustrant un intérêt élevé et stable des profils commerciaux pour l’audit et le conseil. À l’inverse, BNP Paribas est victime du désintérêt des étudiants, perdant trois places en 2009, de la cinquième à la huitième. Veolia Environnement profite de l’image positive du secteur de l’énergie-environnement pour gagner deux places et se hisser à la neuvième position. Quant à Nestlé, elle conserve sa dixième place en 2009, faisant mentir les prévisions d’un manque d’attrait des entreprises de la grande consommation parmi les futurs commerciaux. Les étudiants bac + 2 et 3 se singularisent-ils ? A. Z : Ces étudiants au profil plus technique consacrent L’Oréal au rang d’employeur idéal. Air France perd sa première place et se contente de la deuxième, ex-aequo avec LVMH. Aujourd’hui, il n’y a plus de différence entre les aspirations des étudiants des filières courtes ou des filières longues. Leur principale préoccupation est d’entrer dans une entreprise qui apportera de la légitimité à leur CV et à leur parcours, afin de progresser rapidement dans leur carrière. Vingt-sept pour cent des étudiants souhaitent travailler dans le marketing et la publicité, 24 % dans la vente, 16 % dans l’audit et la finance. Par rapport à la première édition, les secteurs de la banque et de la finance intéressent nettement moins ces étudiants en BTS, DUT et licence professionnelle, phénomène directement lié aux évolutions structurelles des marchés. Comment se caractérisent les attentes des étudiants selon les pays ? A. Z. : Des différences existent selon le pays en termes de critères de choix. Dans les pays nordiques, les étudiants accordent plus d’importance aux critères éthiques. Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, l’équilibre vie professionnelle, vie privée est privilégié, ainsi que le fait d’apporter quelque chose de plus à la société. En Espagne, en Italie, voire en Chine, les perspectives de salaires sont mises en avant. La France est un peu en phase de transition entre le modèle italo-espagnol et le modèle anglo-saxon. Les entreprises doivent donc adapter leur communication par pays. 1. Dix-sept mille étudiants dans quatre-vingt-dix-neuf grandes écoles ont participé à l’enquête Universum French Student Survey 2009. Le classement prend en compte l’opinion de l’ensemble de ces participants. Il est établi à partir d’une liste de cent trente entreprises : les étudiants ne peuvent sélectionner que les cinq employeurs pour lesquels ils souhaiteraient le plus travailler. A cette liste ils peuvent ajouter des entreprises complémentaires, ce qui permet à de nouvelles entreprises fréquemment citées d’entrer dans la suivante édition. EFFETS ENVIRONNEMENT CHEZ LES FUTURS INGENIEURS EADS demeure premier dans le classement des employeurs idéaux des élèves ingénieurs. L’émergence depuis 2008 des entreprises du secteur de l’énergie-environ-nement permet à EDF de se hisser à la troisième place, après Veolia, second pour la troisième année. A la quatrième place et en gagnant trois par rapport à 2008 figure Areva, ce qui confirme l’attrait des futurs ingénieurs pour ce secteur. A la cinquième marche l’aérospatiale et la défense, avec Thales, perdent une place par rapport à l’année dernière. Google continue sur sa lancée, prenant deux places par rapport à 2008 pour devenir le sixième employeur idéal. Quant à Dassault Aviation, il ne profite pas de l’intérêt des étudiants en ingénierie pour l’aviation, puisqu’il perd quatre places et se retrouve septième. Total gagne une place et arrive en huitième position. Vinci en perd quatre, en dixième position, signe du désintérêt des futurs ingénieurs pour le BTP. Alors que Gaz de France était trente et unième en 2008, et Suez quatorzième, l’entité née de la fusion GDF-Suez accède à la neuvième position. Le classement des employeurs idéaux des diplômés en sciences naturelles et santé conserve en 2009 un quinté de tête semblable à celui de 2008, mais dans le désordre. Sanofi-Aventis garde sa première position, mais L’Oréal gagne une place, à la deuxième, Pfizer en perd une, à la troisième. Bayer, cinquième en 2008, échange sa position avec celle de Novartis, qui était quatrième.

propos reccueillis par Jean Watin-Augouard

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