Bulletins de l'Ilec

Savonnerie du Midi, l’écocertification premium

le 30/03/2017

Bio et « fabriqué à Marseille » : en l’absence d’appellation protégée, la Savonnerie du Midi (groupe Prodef) mise sur la responsabilité économique et environnementale en développant dans ses gammes la part des produits écocertifiés, de 1 à 18 % de son chiffre d’affaires de 2013 à 2016. Une démarche, complétée dans le recrutement par le recours à un Esat, qui lui a valu le prix Essec 2017 « Modes de consommation durables ». Entretien avec Guillaume Fievet, président-directeur général de Prodef

En quoi le « made in France » et le « made in Marseille » sont-ils des atouts pour une marque comme la vôtre, déjà écocertifiée ?

Guillaume Fievet : Les consommateurs souhaitent être rassurés. L’acte d’achat devient un acte de responsabilité. Les notions de « fabriqué en France » ou de « fabriqué à Marseille » sont complémentaires de l’éco-certification, qui rassure les consommateurs sur la composition des produits. « Fabriqué en France » rassure les consommateurs sur le lieu de fabrication, avec tous les enjeux qui sont y liés, en termes aussi bien d’emplois que de qualité. C’est encore plus vrai avec le « fabriqué à Marseille ». Cela justifie notre implication autour de ces deux notions pour nos marques Maître Savon de Marseille (grande distribution et exportation) et La Corvette (magasin bio et exportation). Avoir une démarche RSE fortement engagée est un troisième axe stratégique. Nous avons d’ailleurs été certifiés « Entrepreneurs + engagés » par l’organisme Écocert Environnement en avril 2015 (base ISO 26000).

Est-ce également un atout, en interne, vis-à-vis des salariés ?

G. F. : Oui, les trois engagements rendent nos salariés plus fiers, de voir que leur travail de production, dans leur usine, est valorisé dans notre pays et à l’étranger. Fiers également des labels apposés sur les produits, qui témoignent de leur contribution à l’environnement et à la fabrication de produits sains. Ces reconnaissances venant de tiers ont beaucoup de poids.

Qu’attendez-vous de l’Indication géographique pour les produits industriels et artisanaux (IGPIA) que vous avez déposée à l’INPI ? Sera-t-elle suffisante pour vous protégez des contrefaçons ?

G. F. : Nous attendons que l’IGPIA « Savon de Marseille » permette de distinguer le savon de Marseille traditionnel, nom jamais déposé mais connu dans le monde entier, des autres savons solides, qu’ils soient appelés « de Marseille » ou pas. Il est essentiel que le consommateur puisse savoir ce qu’il achète.

Ce signe distinctif officiel permettra de faire la différence, à défaut de protéger de la contrefaçon. Nous avons une démarche positive de promotion. Le consommateur saura qu’il achète un savon de Marseille « traditionnel », à savoir, selon notre charte établie avec trois autres savonniers, un savon fabriqué dans le bassin marseillais, avec un procédé de fabrication au chaudron et composé d’huiles végétales exclusivement (dont l’huile d’olive), sans parfum ni colorant.

Qu’attendez-vous du partenariat que vous souhaitez nouer avec une ONG ?

G. F. : Une entreprise qui se veut responsable doit tisser des liens avec le monde associatif, pour donner du sens à l’acte d’achat. Nous donnons déjà régulièrement des savons à des associations, des hôpitaux. Notre réflexion porte sur un partenariat spécifique avec une association, pour aller au-delà de l’action d’opportunité. Je souhaite que nos dix-huit salariés soient associés à ce choix.

Propos recueillis par J. W.-A.

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