Articles

VIF ou la vitalité comme principe de réalité

le 12/01/2017

Enjeu majeur de santé publique, la lutte contre le surpoids et l’obé­sité est au coeur de VIF. Préa­lable au bien-vivre ensemble, ce programme d’in­té­rêt géné­ral de préven­tion santé fédère marques et collec­ti­vi­tés, soutiens incon­tour­nables de son succès et sa péren­nité.

par Jean Watin-Augouard

VIF, un acro­nyme qui fait sens ! Selon le Larousse, vif signi­fie « plein de vie, rapide dans la façon d’agir… ». En somme, vivre en forme (VIF) ! Porté depuis plus de 10 ans par l’as­so­cia­tion FLVS 1, recon­nue d’in­té­rêt public depuis 1991, VIF est un programme de préven­tion santé origi­nal, repo­sant sur une coor­di­na­tion pluri­dis­ci­pli­naire sur le terrain 2. Il s’ins­crit au coeur des objec­tifs de santé publique du PNNS et du PNA 3et a pour mission d’ac­com­pa­gner les communes et commu­nau­tés de communes dans la mise en oeuvre de leur plan d’ac­tions de préven­tion santé. Objec­tifs : former les acteurs locaux aux enjeux de la lutte contre l’obé­sité des enfants 4, aujour­d’hui surva­lo­ri­sés et surpro­té­gés, chez les caté­go­ries défa­vo­ri­sées, popu­la­tions en vulné­ra­bi­lité sociale, et les mobi­li­ser pour garan­tir le bien-être de tous en faisant évoluer modes de vie et compor­te­ments alimen­taires 5; mais aussi faire travailler ensemble tous les acteurs de la ville 6 sur une mission d’in­té­rêt public, en parti­cu­lier des gens qui n’y étaient pas habi­tués. Le monde change, un monde de parte­na­riat, d’échange et d’ou­ver­ture… Le succès de VIF repose sur cinq piliers : rassem­bler les forces vives locales pour déclen­cher une action commu­nau­taire ; mobi­li­ser les élus locaux, clés de voute de la dyna­mique locale ; assu­rer une coor­di­na­tion natio­nale ; s’ap­puyer sur un comité d’ex­perts ; enfin, nouer un parte­na­riat public/​privé avec les marques et fonda­tions. Ainsi, sont deve­nues parte­naires Nestlé France, l’un des fonda­teurs de l’étude Fleur­baix Laven­tie en 1992, Ferrero France (depuis 2006), Oran­gina Schweppes (depuis 2009), Kellog’s (en 2009 et 2010), le groupe Bel (depuis 2014) et récem­ment Décath­lon. Le succès dépend également de l’implication pérenne des collectivités locales et des acteurs de proximité (école, services périscolaires, restauration scolaire, associations sportives ou de loisirs…) ainsi que d’une commu­ni­ca­tion régu­lière sur le plan aussi bien local que natio­nal.

Marke­ting social

Une ingé­nie­rie de projet combine, grâce à 100 chefs de projets 7, du marke­ting social prenant en compte les leviers d’adhé­sion 8, de l’ac­com­pa­gne­ment avec des outils et des forma­tions. Ainsi, en 2015, plus de 700 acteurs locaux ont été formés et plus de 60 forma­tions se sont dérou­lées au coeur des diffé­rentes collec­ti­vi­tés terri­to­riales 9. Au nombre des actions concrètes possibles pour déve­lop­per l’ac­ti­vité physique (qui ne s’ap­pa­rente pas obli­ga­toi­re­ment à la pratique d’un sport, mais plutôt à la valo­ri­sa­tion de l’ef­fort quoti­dien dans l’ac­qui­si­tion de bonnes habi­tudes de vie) : promou­voir la « marcha­bi­lité » des villes en créant des parcours piéton­niers d’orien­ta­tion dans des lieux exis­tants (parc, jardins publics…), des pistes cyclables, des itiné­raires chro­no­mé­trés entre diffé­rents points de la ville, réamé­na­ger les cours d’école pour faire bouger les enfants (avec le retour des marelles et des jeux tracés), propo­ser des marches ou randon­nées fami­liales le dimanche, des parcours d’orien­ta­tion… Des actions portent égale­ment sur la mise en place d’ate­liers cuisine ou éveil senso­riel au goût, de jeux ludiques, la décou­verte de légumes et de fruits pour réap­prendre à bien manger, l’ap­pren­tis­sage des rythmes alimen­taires– les prin­ci­paux facteurs de risques des mala­dies cardio­vas­cu­laires, de l’obé­sité et du surpoids sont le manque d’ac­ti­vité physique et le déséqui­libre de l’ali­men­ta­tion. Chaque année, un nouveau thème est proposé en colla­bo­ra­tion avec les communes parte­naires et le comité d’ex­perts scien­ti­fiques et de santé publique : « Kit cuisine maline » en 2013 pour redon­ner aux familles le goût de cuisi­ner au quoti­dien, « NAP : ateliers » 10 en 2014, « Bien bouger » 11en 2015 et « Sommeil et bien-être » en 2016. Un obser­va­toire du sommeil a été créé à cette occa­sion, destiné à enri­chir les données de la recherche fran­çaise.

Essai­mage

VIF aide les villes à mettre en place un dispo­si­tif d’éva­lua­tion de leurs propres actions. Résul­tat : 250 villes mobi­li­sées, 105 chefs de projets, 15 000 acteurs formés, plus de 5 000 actions menées autour de l’ali­men­ta­tion et du bien-manger, plus de 2 000 inter­ven­tions et anima­tions auprès des enfants et des familles comme, par exemple, les « parcours du coeur » – créés il y a 40 ans dans le Nord-Pasde- Calais et au nombre de 800 aujour­d’hui en France –, et, orga­ni­sés par la Fédé­ra­tion fran­çaise de cardio­lo­gie, les « parcours du coeur scolaire », « parcours du coeur famille », etc. VIF a signé, fin 2015, un parte­na­riat avec l’as­so­cia­tion Villes de France, qui rayonne sur 850 villes et 400 inter­com­mu­na­li­tés, soit 32 millions de personnes. VIF se rapproche égale­ment de l’As­so­cia­tion des villes rurales. En 2016, VIF et le Fonds pour l’ali­men­ta­tion et la santé se sont asso­ciés suite à un appel à projet lancé par ce dernier pour propo­ser à terme des ateliers « VIF O courses » auprès des personnes vulné­rables, afin de parta­ger avec elles des astuces pour maîtri­ser leur budget et les orien­ter vers la consom­ma­tion d’ali­ments de bon rapport qualité nutri­tion­nelle/​prix.

Co-construc­tion avec les marques

Les marques mènent des actions spécifiques, comme, par exemple, les rendez-vous vitalité financés par Ferrero et le ministère des Sports en 2009. Dans le cadre d’un appel à projet soutenu par Orangina Schweppes, les enfants de Bapaume ont planté des arbres frui­tiers dans les cours d’école en 2012. Initié en 2013, le projet de recherche appli­quée soutenu par la fonda­tion Nestlé France et l’uni­ver­sité Lille 2, visant à défi­nir de nouveaux outils d’éva­lua­tion de l’ac­tion locale pour mieux comprendre l’im­pact des chan­ge­ments de compor­te­ments et de modes de vie chez les enfants, s’est achevé en 2016 lors de sa troi­sième étape. Le projet Bouge à l’école, financé en 2015 par la fonda­tion Décath­lon, consiste à réamé­na­ger les cours d’école de la commu­nauté d’ag­glo­mé­ra­tion d’Hé­nin Carvin (CAHC) grâce à la four­ni­ture de maté­riel par Décath­lon Pro, marque dédiée aux collec­ti­vi­tés et aux entre­prises. Le groupe Bel engage une réflexion avec la Fédé­ra­tion fran­çaise de pédia­trie. Ces actions parti­cipent de la poli­tique RSE des entre­prises, contri­buent à l’equity des marques, renforcent leur image de marque respon­sable grâce à une péda­go­gie de proxi­mité.

Cap sur les seniors

Le tour­nant de VIF vers les seniors a pour origine le projet expé­ri­men­tal We Love Eating, lancé il y a deux ans avec la Commis­sion euro­péenne et impli­quant sept villes euro­péennes. C’est au moment où ce projet a pris fin, en 2016, que VIF a lancé VIF Seniors, autour du bienêtre, de la santé et du lien social. Trois raisons justi­fient cette nouvelle orien­ta­tion, qui n’ex­clut pas, bien sûr, celle en direc­tion des enfants et des familles : de nombreuses villes ont solli­cité VIF, comme Royan ou Vitré qui ont une popu­la­tion de seniors impor­tante et qui s’in­ter­rogent sur la manière de contri­buer à leur bien-vivre. Deuxième raison : la place crois­sante des seniors dans la popu­la­tion fran­çaise : un Fran­çais sur quatre a plus de 60 ans en 2016, les projec­tions laissent imagi­ner qu’ils seront un sur trois en 2035. Enfin, les seniors inter­agissent de plus en plus auprès de leurs enfants et petits-enfants, ils sont donc moteurs dans le lien social du bien-vivre ensemble. Deux cibles sont visées : les jeunes seniors, par des actions de préven­tion autour des habi­tudes de vie, et les 75 ans et plus, par un accom­pa­gne­ment pour lutter contre la dégra­da­tion de leur état de santé, l’iso­le­ment et la déso­cia­li­sa­tion. La démarche s’ar­ti­cule autour de trois piliers : l’ali­men­ta­tion, l’ac­ti­vité physique et l’ac­ti­vité céré­brale. La vieillesse ne serait-elle plus un naufrage, comme le souli­gnait Chateau­briand ? VIFe­ment demain…

 

Dimi­nu­tion de l’obé­sité des enfants ?

En 2016 : dimi­nu­tion de la préva­lence du surpoids et de l’obé­sité des enfants. La baisse reste toute­fois inver­se­ment propor­tion­nelle à l’évo­lu­tion du taux de chômage des villes étudiées. Dans les quar­tiers prio­ri­taires, à forte vulné­ra­bi­lité sociale, la préva­lence tend à dimi­nuer, comme c’est le cas à Saint-Quen­tin.

  • Saint-André-lez-Lille : - 40,5 % en 7 ans
  • Meyzieu : - 48 % en 10 ans (soit de 27,58 % en 2005 à 14,39 % en 2015)
  • Royan : - 40 % en 10 ans (de 17,32 % en 2005 à 10,45 % en 2015)
  • Vitré : - 21 % en 3 ans (de 10,44 % en 2005 à 8,28 % en 2008)
  • Douchy-les-Mines : - 13,5 % en 6 ans (de 30,13 % en 2008 à 26,07 % en 2014)
  • Saint-Quen­tin : - 6,6 % en 8 ans dans les zones d’édu­ca­tion prio­ri­taire (de 25,55 % en 2007 à 23,86 % en 2015)

 

Notes
(1) Fédérons les villes pour la santé.
(2) www.vivons-en-forme.org.
(3) Programme national nutrition santé et Programme national pour l’alimentation (Bien manger, c’est l’affaire de tous). Depuis septembre 2012, le ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire a labellisé plusieurs outils VIF dans le cadre du Programme national pour l’alimentation (PNA).
(4) De la maternelle au CM2.
(5) Depuis 1970, diminution de 15 % de la capacité cardiovasculaire des enfants ! Selon l’OMS, d’ici à 2030, le surpoids de la population pourrait doubler en France.
(6) Élus, collectivités, services de santé et affaires sociales, service de la restauration collective, affaires scolaires, éducation nationale.
(7) Pour mieux mobiliser l’ensemble des acteurs, c’est sous l’impulsion du maire et des élus que le chef de projet anime un comité de pilotage rassemblant élus, services municipaux, associations, acteurs de santé et économiques…
(8) Le marketing social se définit comme « l’application de techniques de marketing élaborées dans le secteur commercial pour résoudre des problèmes sociaux, via la modification des comportements ».
(9) Source rapport annuel 2015 : bit.ly/1S92BPl.
(10) Ateliers ludo-pédagogiques proposés aux enfants de 8 à 12 ans, autour de l’équilibre alimentaire et de l’intérêt d’une journée rythmée par quatre repas, plus particulièrement le petit déjeuner et le goûter.
(11) Basé sur la pratique de 10 jeux Playdagogie, élaborés en partenariat avec PL4Y International, permettant de transmettre des messages sur l’alimentation à travers le jeu.

 

VIF, une présence accrue sur le terri­toire, grâce au soutien des marques

Entre­tien avec Thibault Deschamps,
Président du programme VIF

À quand remonte la créa­tion de VIF ? Quels sont les liens avec l’as­so­cia­tion FLVS, le programme Epode, le PNNS ?

Thibault Deschamps : Le programme VIF découle de l’étude FLVS (Fleur­baix Laven­tie Ville santé), lancée il y a 25 ans dans les Flandres. Cette recherche, dont les résul­tats ont été publiés au niveau mondial, a mis en évidence au moyen d’une compa­rai­son entre villes-témoins et villes-actions qu’en faisant évoluer l’en­vi­ron­ne­ment des personnes, des familles, en modi­fiant les normes sociales sans tout révo­lu­tion­ner, on arri­vait à faire recu­ler la préva­lence du surpoids et de l’obé­sité, ceci alors que cette problé­ma­tique commen­çait à peine à émer­ger, avant même la mise en place du PNNS. Cette étude a été diffu­sée par l’as­so­cia­tion FLVS, donnant nais­sance au programme Epode (Ensemble, préve­nons l’obé­sité des enfants), avec pour objec­tif de le diffu­ser dans d’autres villes. Epode a changé de nom en 2010, car parler d’obé­sité est compli­qué pour des maires ou des prési­dents d’in­ter­com­mu­na­lité s’ils veulent promou­voir un programme posi­tif auprès des familles et des enfants. Ils ne se sentaient pas légi­times de tenir un tel discours. Aussi était-il néces­saire d’adop­ter un nom attrac­tif, posi­tif, mobi­li­sa­teur. Epode est donc devenu VIF (Vivons en forme), qui fait réfé­rence à l’ali­men­ta­tion, à la santé et au sport, thèmes que les maires peuvent s’ap­pro­prier et promou­voir plus faci­le­ment. L’acro­nyme FLVS a changé de sens et signi­fie aujour­d’hui « fédé­rons les villes pour la santé ». Nous nous inscri­vons bien sûr dans la lignée du PNNS, et certains de nos docu­ments sont label­li­sés PNNS ou PNA, mais on va plus loin dans notre démarche et dans la mise en oeuvre, avec, en parti­cu­lier, le marke­ting social et le nudge. Les enjeux de demain portent sur la préven­tion de la séden­ta­rité grâce au déve­lop­pe­ment de l’ac­ti­vité physique, le bien-être par la régu­la­tion des compor­te­ments et la péda­go­gie.

À ce jour, combien de villes/​communes parti­cipent au programme ? et combien de chefs de projets ?

T. D. : 250 villes, histo­ri­que­ment dans le Nord-Pas-de- Calais, mais on est de plus en plus présent partout sur le terri­toire, dont le Sud. Les villes doivent respec­ter deux enga­ge­ments : payer une coti­sa­tion pendant la durée du mandat (trois à cinq ans), de 3 000 euros par an pour les villes de moins de 20 000 habi­tants et de 6 000 euros pour celles de plus de 20 000 habi­tants. Ce montant est rela­ti­ve­ment modeste à l’échelle d’une ville et repré­sente entre 10 et 15 % du budget de l’as­so­cia­tion, le reste prove­nant des mécènes (marques et fonda­tions). Tous les outils, docu­ments, impres­sions, forma­tions, sont gratuits pour les collec­ti­vi­tés terri­to­riales. Deuxième enga­ge­ment : nommer un binôme chef de projet VIF/​élu (qui sera formé par VIF) pour porter le programme au coeur de la ville. Le maire nomme donc un élu et un tech­ni­cien à mi-temps ou à temps complet sur le projet. Nous comp­tons, à ce jour, 105 chefs de projet (un chef de projet pouvant être dédié à plusieurs villes, selon leur taille, quand c’est une commu­nauté d’ag­glo­mé­ra­tion qui porte le projet) qui rayonnent sur le terri­toire et cinq sala­riés pour l’as­so­cia­tion VIF.

Pour­quoi accueillir des marques ? Comment se fait le choix et pour­quoi existe-t-il diffé­rents types de parte­naires ? Que doivent-elles appor­ter dans le parte­na­riat ?

T. D. : VIF n’exis­te­rait pas sans le soutien des marques ou de leurs fonda­tions, qui apportent 85 % du finan­ce­ment. Elles s’en­gagent dans une démarche éthique et pour soute­nir un programme d’in­té­rêt géné­ral sans qu’il y ait pour elles la moindre visi­bi­lité de leurs produits auprès des cibles finales, enfants et familles. Leur enga­ge­ment s’ins­crit dans leur démarche RSE et elles peuvent le commu­ni­quer auprès des consom­ma­teurs dans leur docu­ment insti­tu­tion­nel. Nous avons trois niveaux de parte­na­riats : Gold avec Ferrero, le niveau moyen qui, tous deux, apportent un soutien finan­cier et le club des parte­naires avec Bel ou Décath­lon qui corres­pondent à des échanges de visi­bi­lité ou de maté­riels. En termes de choix, la marque peut nous solli­ci­ter comme nous pouvons le faire, l’ob­jec­tif étant de nous rassem­bler autour d’un projet commun, celui du bien-être de la popu­la­tion sur le plan de la santé. La co-construc­tion avec les parte­naires et la proxi­mité avec la popu­la­tion sont nos deux mots d’ordre. Règle d’or : le public final ne sait pas que les marques soutiennent finan­ciè­re­ment le programme VIF.

Est-il prévu d’ac­cueillir d’autres marques ? Quelles sont celles que vous n’ac­cep­te­rez jamais comme parte­naires ?

T. D. : Excepté celles liées au tabac ou à l’al­cool, notre porte est ouverte à toutes les marques, si possible complé­men­taires et pas unique­ment issues du secteur agro-alimen­taire, comme Décath­lon ou la MGC, le monde de l’as­su­rance, des mutuelles, etc. L’édu­ca­tion est notre fil rouge. Ainsi, en matière de bonbons et confi­se­ries par exemple, nous privi­lé­gions la péda­go­gie grâce au marke­ting social plutôt que de jeter l’ana­thème sur telle ou telle marque. Nous avons ainsi fait un travail autour des portions et de la main de l’en­fant qui gran­dit avec le corps : un enfant de mater­nelle et de CM2 n’ont pas la même taille de main, cela déter­mine donc la quan­tité souhai­tée de frian­dise à tenir dans la paume de leur main. On peut donc se faire plai­sir, mais pas tout le temps et n’im­porte comment. On n’in­ter­dit pas, on éduque sans porter une critique sur tel ou tel produit.

Qu’est-ce que les marques peuvent attendre de ce parte­na­riat ?

T. D. : Elles peuvent en attendre plusieurs choses. En premier lieu, un enga­ge­ment RSE, celui d’agir au coeur des terri­toires à l’heure où il faut, par une démarche de proxi­mité, se rappro­cher du consom­ma­teur, même s’il n’y a pas de visi­bi­lité directe. En deuxième lieu, elles peuvent impli­quer leurs sala­riés dans leur démarche, car tout sala­rié est aussi citoyen, parent ou grand-parent. L’en­tre­prise, actrice écono­mique, peut alors s’af­fir­mer comme citoyenne, ainsi qu’à Meyzieu, qui affiche tout à la fois la présence d’un site de produc­tion d’Oran­gina Schweppes au coeur de la ville et un très fort recul de la préva­lence du surpoids et de l’obé­sité des enfants. On peut être un grand groupe de bois­sons sucrées tant décriées aujour­d’hui et être présent au plus près des citoyens dans une ville exem­plaire. Enfin, l’éva­lua­tion de nos actions vient justi­fier leur enga­ge­ment. Notre programme obtient des résul­tats posi­tifs.

Faites-vous école dans des villes étran­gères ?

T. D. : Pour l’heure, notre ambi­tion est de bien diffu­ser la méthode en France métro­po­li­taine. Nous avons égale­ment des projets pour les DOM-TOM, où les indi­ca­teurs de santé ne sont pas bons. Pour autant, nous sommes solli­ci­tés dans d’autres pays, comme la Belgique, car la France est un labo­ra­toire à la pointe en termes de santé publique. Notre plan de déve­lop­pe­ment 2017-2019 s’in­ter­roge sur la perti­nence de faire école à l’in­ter­na­tio­nal et les contraintes de la trans­fé­ra­bi­lité de la méthode.

 

Ferrero France, un soutien actif depuis 2006

Entre­tien avec Chris­tophe Bordin

Quelles sont les raisons qui ont conduit Ferrero France à deve­nir, en 2006, une des premières entre­prises à soute­nir le programme VIF ?

Christophe Bordin : Nous avons très tôt pris en compte que l’ali­men­ta­tion était un déter­mi­nant de la santé, ce qui nous a conduit à soute­nir VIF de manière active dès 2006, tout en restant dans notre rôle d’in­dus­triel de l’agroa­li­men­taire. Le rapport entre alimen­ta­tion et santé n’a plus besoin aujour­d’hui d’être démon­tré, et ce dans les deux sens : l’ali­men­ta­tion, tout comme l’hy­giène de vie en géné­ral, peut contri­buer à une bonne santé, mais égale­ment avoir des impacts néga­tifs. C’est au reste sur ces deux axes, alimen­ta­tion et santé, que VIF inter­vient. Depuis de nombreuses années, l’obé­sité touche de manière inégale les popu­la­tions en fonc­tion de leur niveau de revenu et d’édu­ca­tion. Les déter­mi­nants reposent sur des modes de vie très diffé­rents selon les groupes sociaux, aussi faut-il mettre en place des solu­tions effi­caces, avec des formules ciblées et adap­tées. Ferrero est très atta­ché à l’ap­proche du problème qui singu­la­rise VIF, une approche péda­go­gique de proxi­mité, posi­tive et parti­ci­pa­tive. En 2011, nous sommes ainsi deve­nus « golden parte­naire ».

Est-ce le premier enga­ge­ment du groupe dans un domaine socié­tal, d’in­té­rêt public, en France ?

C. B. : Nous sommes enga­gés dans d’autres actions touchant à l’ac­cès aux loisirs et à l’édu­ca­tion des jeunes, aussi avons­nous été parte­naires de programmes de forma­tion à travers le projet Trem­plin pour réus­sir, construit en parte­na­riat avec l’école supé­rieure de commerce de Rouen et qui permet­tait à des jeunes bache­liers ayant décro­ché de renouer avec des études supé­rieures. Nous avons égale­ment colla­boré avec l’ANDES 1 et le Secours popu­laire.

Comment cette impli­ca­tion de l’en­tre­prise est-elle ressen­tie par les sala­riés ?

C. B. : Les sala­riés sont tenus infor­més des actions et tirent profit des appren­tis­sages de VIF par la répli­ca­tion au niveau de l’en­tre­prise des bonnes pratiques. Ils béné­fi­cient de repas équi­li­brés et variés au sein du restau­rant d’en­tre­prise de Mont-Saint-Aignan, ils disposent de fontaines à eau et de corbeilles de fruits, aussi bien au siège que dans les sites de produc­tion. Ils peuvent égale­ment accé­der à diffé­rents programmes d’ac­ti­vité physique et ont la possi­bi­lité de recou­rir quoti­dien­ne­ment aux conseils d’un coach. L’ob­jec­tif est de leur propo­ser un style de vie actif et sain.

Commu­ni­quez-vous auprès du grand public votre enga­ge­ment ? si oui, comment ?

C. B. : VIF ne fait pas l’ob­jet d’une commu­ni­ca­tion parti­cu­lière auprès du grand public. Ce parte­na­riat est parfois évoqué dans des rencontres insti­tu­tion­nelles, auprès de publics qui mesurent la nature de l’en­ga­ge­ment.

 

Notes
(1) Association Nationale de Développement des Épiceries Solidaires.

 

Pour accéder à l'article complet, cliquez sur Article au format PDF

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser l'utiliser, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies.