Entretiens

Solidarité

Au-delà de l’urgence

05/12/2023

La lutte contre la précarité alimentaire trouve ses limites, en dépit du nombre, du savoir-faire et de la diversité des acteurs engagés. L’importance du besoin interroge la vision globale de la société. Entretien avec Benjamin Sèze, journaliste, spécialiste des questions sociales au Secours catholique, et auteur de “Quand bien manger devient un luxe - En finir avec la précarité alimentaire”*.

Dans votre livre Quand bien manger devient un luxe¹ vous parlez de sept millions de personnes qui avaient en 2020 besoin d’une aide pour se nourrir. Il y avait en 2022 neuf millions de personnes sous le seuil de pauvreté, et les besoins n’ont fait que croître cette année, selon les associations dont l’Ilec a recueilli les témoignages. Vous semble-t-il qu’on tombe aujourd’hui dans la précarité plus vite qu’il y a vingt ou trente ans ?

Benjamin Sèze : 2020 et 2022 sont deux années de crise, avec, en 2020, les conséquences socio-économiques de la pandémie de Covid, et, en 2022 la crise inflationniste que nous continuons de traverser. Ces périodes de crise, comme celle de 2008, favorisent le basculement de nombreux ménages dans la précarité, et on observe chaque fois une recrudescence du recours à l’aide alimentaire. Néanmoins, en dehors de ces pics de fréquentation, on observe depuis trente ans une augmentation continue du recours à l’aide alimentaire. Déjà en 2018, l’Inspection générale des affaires sociales(Igas) estimait à 5,5 millions le nombre d’usagers de l’aide alimentaire. Un chiffre qui avait doublé en dix ans. Cette hausse est en partie due à une paupérisation croissante au sein de la population française, liée au chômage, à la précarisation du travail, à l’augmentation du coût de la vie et à la part croissante de familles monoparentales.

La question du “reste à vivre”

Y a-t-il faillite de l’État-Providence et des systèmes assurantiels ?

B. S. : Notre système de protection sociale est par beaucoup d’aspects inadapté à la réalité vécue par de nombreux ménages, en termes de montants des aides allouées ou de conditions d’éligibilité. J’ai pu le constater en travaillant sur les étudiant précaires et en essayant de comprendre pourquoi beaucoup de jeunes issus de la classe moyenne, boursiers ou non boursiers, avaient des difficultés pour se nourrir. La capacité des familles à aider financièrement leurs enfants, qui détermine le droit à une bourse et son montant, est souvent surévaluée. Un des problèmes est qu’on calcule le niveau de pauvreté d’un ménage, donc son éligibilité à certains services ou allocations, à partir de son revenu imposable. Or, à revenu égal, les situations des ménages ne sont pas les mêmes selon leurs dépenses contraintes (loyer ou crédit, charges fixes, mode et frais de déplacement…). C’est pour cela que certains spécialistes de la pauvreté demandent que soit plutôt pris en compte le « reste à vivre » des ménages pour évaluer leur situation.

C’est d’autant plus flagrant dans une période de forte inflation. Il y a un refus des gouvernements successifs d’augmenter de manière conséquente les minima sociaux, particulièrement le RSA, pour des raisons budgétaires, mais aussi parce que prédomine la croyance que plus on aide les personnes, plus cela les découragerait de travailler et les maintiendrait dans la pauvreté. Or selon nombre de spécialistes de la pauvreté, c’est au contraire en maintenant le revenu de ces ménages à un niveau insuffisant qu’on les maintient dans une insécurité psychologique et matérielle qui les empêche de se mobiliser et d’investir pour sortir de leur situation de pauvreté. Concernant l’accès à l’alimentation des ménages précaires, l’État se repose sur l’aide alimentaire gérée pas des associations caritatives, qu’il finance en partie, sans que soit engagée une réflexion sur ce que pourrait être une politique sociale de lutte contre la précarité alimentaire. En ce sens, il paraît défaillant.

Un circuit d’approvisionnement parallèle

Face à une précarité structurelle réunissant SDF, petites retraites, sans travail et travailleurs pauvres, faut-il encore parler d’aide d’urgence ?

B. S. : Depuis longtemps, on ne peut plus considérer l’aide alimentaire comme une aide d’urgence, une solution de dernier recours, qui concernerait les plus marginalisés, ou serait un coup de pouce temporaire pour les autres. S’il existe un turnover parmi les usagers des dispositifs d’aide, si certains ménages n’y restent pas durablement, pour beaucoup d’autres, c’est leur principal et parfois seul moyen de se nourrir. L’aide alimentaire constitue un circuit d’approvisionnement parallèle au marché classique, et pérenne pour des millions de personnes. malgré l’expertise des acteurs nationaux de l’aide, il y a un problème de moyens humains (pour gérer le flux) et financiers (pour investir dans du matériel adéquat) chez les associations au niveau local où tout repose sur du bénévolat.

L’évolution des structures familiales, notamment la part des familles monoparentales, est-elle effectivement un accélérateur de l’exclusion ?

B. S. : Oui, quand un couple se sépare, c’est tout un équilibre financier qui est bouleversé, avec souvent une perte de revenus et une augmentation des charges. Et c’est particulièrement vrai pour les femmes, qui ont souvent la charge des enfants et de plus faibles revenus, sans forcément toucher une pension alimentaire ou que celle-ci soit suffisante.

Faut-il dissocier de la réponse à la précarité alimentaire la réponse au manque d’autres produits du quotidien (hygiène, entretien…), auxquels on renonce peut-être encore plus chez les plus précaires ?

B. S. : Une politique de lutte contre la précarité alimentaire peut être une politique générale de soutien financier. On augmente globalement le revenu des personnes en sachant que certaines (la plupart) utiliseront ce surplus notamment pour améliorer leur alimentation. La plupart des associations distributives de colis ou épiceries sociales proposent également au moins des produits d’hygiène. Car les produits d’hygiène ou d’entretien peuvent être considérés comme des achats de première nécessité et coûtent cher. Néanmoins, l’alimentation nécessite une réflexion spécifique. Ce n’est pas la même chose de ne pas avoir le choix du savon ou du produit d’entretien, et de ne pas avoir le choix de ce qu’on mange. De même, ingérer une nourriture de mauvaise qualité n’a pas la même signification et les mêmes répercussions qu’utiliser des produits d’hygiène ou d’entretien de moindre qualité. L’acte de se nourrir est chargé symboliquement et émotionnellement, et a des implications physiques, psychologiques et sociales fortes.

Si la moyenne de 15 % du budget pour l’alimentation est trompeuse, au vu des inégalités de revenus, elle illustre justement une longue dévalorisation relative de ce poste, depuis des décennies, dans les budgets des ménages : la réponse à la précarité alimentaire ne se trouverait-elle pas dans la réduction des dépenses préengagées ?

B. S. : Effectivement, l’alimentation est l’un des seuls postes budgétaires où les ménages précaires ont une marge des manœuvre. Elle sert donc souvent, avec le chauffage, de variable d’ajustement en cas de baisse de revenu ou de hausse des autres dépenses (loyer, carburant, abonnements, énergie, santé, dépense imprévue…). Une des réponses à la précarité alimentaire peut donc consister à limiter les autres dépenses par l’encadrement des loyers ou une allocation logement plus conséquente, des tarifs sociaux ou un soutien financier pour l’électricité, le gaz, l’eau, le carburant, les télécommunications, les transports…

Que pensez-vous de la pertinence pratique de l’injonction « Apprenez à cuisiner avec des produits de base, ça revient moins cher » ?

B. S. : Cela dépend des produits. Si vous faites un gâteau de yaourt cela coûtera moins cher qu’un paquet de biscuits, mais si vous voulez cuisinez à base de fruits et légumes, de viande ou de poisson frais, ce n’est pas évident. lorsque le budget se restreint, les produits dont on se prive sont les produits frais, qui deviennent inaccessibles financièrement : poissons, fruits et légumes verts, salades et crudités, viandes, produits laitiers. Il y a cette idée reçue que les ménages en précarité ne sauraient pas cuisiner, ce pourquoi ils se nourriraient mal. Ce n’est pas vrai. La plupart du temps, les personnes savent cuisiner. Et lorsqu’elles ne cuisinent pas, c’est souvent parce qu’elles n’ont pas accès aux produits frais, ou qu’elles ne sont pas équipées pour cuisiner, ou qu’elles n’ont pas le temps.

Structure de prix inadaptée

L’offre alimentaire manque-t-elle en France de produits à bas prix ?

B. S. : Elle manque de produits de bonne qualité à un prix accessible pour les ménages précaires. Les produits à bas prix, lorsqu’ils sont de mauvaise qualité, font plutôt partie du problème que de la solution. Se nourrir, ce n’est pas juste un ventre à remplir. Si vous êtes contraint de mal vous nourrir, du fait notamment d’un budget restreint ou d’une offre alimentaire de proximité limitée, c’est de la précarité. L’alimentation a une incidence sur de nombreux autres aspects de notre vie. Elle influe sur notre santé physique et sur notre moral, elle peut aussi être un facteur de lien social ou au contraire d’isolement.

Les maladies qui peuvent être liées à une mauvaise alimentation (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, certains cancers, ostéoporose…) sont surreprésentées chez les ménages précaires. Les auteurs d’une enquête publiée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), constatent que « les fruits, les légumes, la viande et le poisson pèsent lourd dans le budget alimentaire des personnes défavorisées, alors que les aliments de forte densité énergétique (matières grasses ajoutées, sucres et produits gras et sucrés, ou gras et salés, etc.) sont généralement des sources de calories peu chères, et sont donc préférentiellement choisis lorsque les contraintes budgétaires sont très fortes ». De même que les féculents raffinés, tels que les pâtes ordinaires et le riz blanc, qui sont appauvris en fibres et en nutriments essentiels. En bref, la structure des prix n’est pas favorable à l’équilibre alimentaire.

Aide aux consommateurs ou subvention des producteurs

Faudrait-il favoriser une dualisation plus accentuée de l’offre, fût-ce au détriment de la qualité relative pour les gammes à bas prix ? Ou au contraire subventionner l’accès aux produits de cœur de gamme sinon aux premiums ?

B. S. : Pour des raisons de santé publique, environnementales et de justice sociale, il y a une nécessité à aller vers une amélioration globale de l’offre alimentaire. Une dualisation accentuée de l’offre au détriment de la qualité relative pour des gammes à bas prix semble anachronique au regard de cet enjeu, même si on comprend l’intérêt financier de cette option dans un contexte d’inflation. Lutter contre la précarité alimentaire consiste aussi à lutter contre les inégalités alimentaires. Or faire baisser le prix de produits, pour les rendre accessibles, en rognant sur leur qualité contribue à accentuer les inégalités alimentaires.

La différence de prix entre le bas de gamme et les produits de bonne qualité peut évidemment s’expliquer par les coûts de production, mais pas seulement. Il y a peut-être une réflexion à mener chez les professionnels du secteur sur la construction des prix et sur les stratégies de marge. Parallèlement, pour permettre l’accès des ménages précaires à des produits de meilleure qualité, une politique d’aide financière aux consommateurs ou de subvention des producteurs (pour permettre des prix plus bas) semble nécessaire.

Dans la deuxième hypothèse, comment garantir que l’aide va bien à son objet (le gouvernement a renoncé l’année dernière à l’éventualité du « chèque alimentaire »…) ?

B. S. : C’est une question qui fait débat même dans les milieux militants. Doit-on imaginer une aide globale ? Doit-on limiter cette aide aux achats alimentaires ? Et si oui, doit-on la cibler vers les achats de produits sains et durables ? Le risque d’une aide trop contraignante, par souci d’efficacité quant à l’objet visé, est qu’elle ne corresponde pas aux besoins, qu’elle soit mal vécue ou ne soit finalement pas utilisée. La « prime de rentrée scolaire » est un modèle intéressant : on évalue un besoin financier en fonction d’un « panier type », on verse une aide identifiée pour une dépense précise, tout en en laissant la liberté d’usage aux ménages.

Ce principe a été expérimenté à Montreuil pendant quatre mois en 2022, dans le cadre du projet « Passerelle » auquel participaient deux cents personnes et familles en situation d’insécurité alimentaire. Résultat : 80 % de cette aide a été dépensée dans des enseignes alimentaires, selon le rapport d’évaluation. « On a aussi pu observer une stratégie d’épargne, m’a expliqué un des initiateurs de cette expérimentation. Grâce à cette aide, certaines personnes ont effet pu solder des dettes, d’autres ont économisé pendant quatre mois pour acheter un matelas, un four ou un micro-ondes... » Nous sommes loin du fantasme de  « l’écran plat » qu’on nous ressert à chaque rentrée scolaire. À un certain niveau de revenus, toute aide supplémentaire n’est jamais « perdue ».

Par ailleurs, des acteurs du monde de l’action sociale et de la filière bio réfléchissent à un système d’incitation. On n’obligerait pas les ménages à consommer sain et durable, mais on les y inciterait. Ils ont imaginé une carte créditée d’une certaine somme destinée à l’alimentation, dont l’usage ne serait pas limitée à l’achat de produits bio mais qui serait recréditée de quelques euros chaque fois que serait acheté un produit bio. Que ce soit pour le bio ou pour d’autres types de produits, c’est une idée intéressante.

Dépasser la logique de flux poussés

L’aide alimentaire peut-elle éviter, pour des raisons de logistique, de favoriser certaines denrées au détriment parfois de l’équilibre nutritionnel ?

B. S. : Oui, des difficultés logistiques (capacité de transport, de stockage et d’écoulement dans un délai court des produits frais) expliquent en partie la surreprésentation des produits secs dans l’aide alimentaire au détriment de l’équilibre nutritionnel.

Ou serait-elle exagérément portée à écarter les « produits plaisirs » et redoublant par là la position de marginalité assistée des bénéficiaires ?

B. S. : Il est possible que certaines structures locales, qui estiment que l’aide alimentaire doit se limiter aux produits de base, écartent par principe les « produits plaisirs ». Il ne faut pas penser l’aide alimentaire de façon binaire, opposer les produits sains ou essentiels aux « produits plaisirs ». Comme tous les ménages, les ménages précaires ont des envies et des besoins diverses. On peut à la fois souhaiter servir à ses enfants une soupe de carottes bio le soir et des Miel Pops le matin ou du Nutella au goûter pour leur faire plaisir.

Par delà les problèmes de logistique, il faudrait s’intéresser aux besoins des usagers. L’un des gros problèmes de l’aide alimentaire est que son fonctionnement d’ensemble est guidé par une logique de flux poussés et non tirés par le besoin. Les goûts, les préoccupations, les impératifs (sanitaires notamment) et les modes de vie des personnes ne sont pas pris en compte. Les structures distributrices locales doivent la plupart du temps composer avec ce qu’elles reçoivent. Ce qui engendre des problèmes d’imprévisibilité (les flux de produits frais oscillent souvent entre pénurie et surabondance), de qualité des denrées, et au final d’inadéquation de l’offre avec les besoins subjectifs et objectifs des ménages. Se retrouver dans une position où on n’a plus le choix de ce qu’on mange est violent, d’autant plus lorsque ce qu’on nous impose est en inadéquation avec nos besoins et avec les recommandations nutritionnelles.

Un problème de cohésion sociale

Plusieurs associations font le constat d’un resserrement de l’offre de produits face à des besoins en croissance et font état d’un « effet Agec », les mesures antigaspillage ayant réduit le volume des invendus. L’économie du don est-elle en train de se réorganiser au-delà du « modèle invendus » ?

B. S. : Oui, j’ai recueilli plusieurs témoignages de responsables d’épiceries ou de points de distributions de colis qui constataient un resserrement de l’offre du fait que des produits qu’ils recevaient auparavant étaient désormais vendus dans des rayons à prix réduits. « Donc il ne reste vraiment pour les associations que le fond du panier », m’expliquait l’un de ces responsable. Je ne sais pas si on peut parler de réorganisation de l’économie du don. J’ai plutôt l’impression d’une fragilisation, avec une mise en concurrence des pauvres, entre ceux qui ne vont pas à l’aide alimentaire et qui vont acheter ces produits à prix réduits, et ceux qui recourent à l’aide alimentaire et qui ne vont plus bénéficier de ces produits.

Cela montre la fragilité de ce système d’aide alimentaire guidé par la logique de flux poussés et dépendant essentiellement du don. Je trouve problématique de faire dépendre l’accès à l’alimentation de millions de personnes d’invendus et de dons. On a cité les problèmes d’imprévisibilité et de qualité de l’offre. Mais il y a aussi un problème de dignité. Les ménages précaires n’ont pas à pâtir de la nécessité de pallier les dysfonctionnements de notre système alimentaire (en l’occurrence le gaspillage). L’enjeu de dignité, qui implique l’autonomie et la liberté de choix des personnes dans l’accès à l’alimentation, reste trop souvent un impensé. Cela interroge sur la place qui est faite aux ménages en situation de pauvreté dans notre société, et conforte nombre d’entre eux dans le sentiment d’être des « sous-citoyens ». Faire dépendre près de 10 % de la population française de l’aide alimentaire, ce n’est plus un problème d’alimentation, mais de cohésion sociale.

Que faut-il comprendre à la notion de « sécurité sociale alimentaire » défendus par diverses associations. Comment s’organiserait-elle et se financerait-elle ?

B. S. : Au regard de ses implications sanitaires, écologiques, sociales, politiques… doit-on continuer à considérer l’alimentation comme un bien comme les autres ? Ne faudrait-il pas « protéger » ce marché, comme celui de la santé ? Le principe serait que les citoyens se réapproprient l’alimentation, qu’ils puissent, quelle que soit leur situation sociale, agir sur la logique de l’offre et non plus la subir. Ils cotiseraient à des caisses locales de l’alimentation et recevraient sur une carte vitale de l’alimentation une somme mensuelle (la même pour tous) destinée à l’achat de produits conventionnés.

C’est en train d’être expérimenté, ou en voie de l’être, dans plusieurs territoires en France (le Vaucluse, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Saint-Étienne, Nantes, l’Alsace…). Chaque expérimentation a sa dynamique propre : toutes ne s’effectuent pas à la même échelle et ne testent pas les mêmes choses. Mais elles travaillent en commun. L’intéressant dans cette idée, c’est de nous amener à nous interroger sur ce qui détermine nos actions en tant que consommateurs, producteurs, transformateurs et distributeurs.

La politique de solidarité est-elle vouée à n’être que le correctif des politiques économiques ?

B. S. : Non. Pour lutter efficacement contre la pauvreté, il faut s’intéresser à ses causes systémiques. Et lorsqu’on a identifié des causes, on peut essayer de modifier le système. La politique d’encadrement des loyers est une politique de solidarité au même titre que le versement d’aides personnalisées au logement ou que la construction de logements sociaux. Une politique de lutte contre la précarité alimentaire pourrait se traduire par des mesures qui viseraient à faire évoluer les pratiques des acteurs de l’offre alimentaire afin de rendre celle-ci moins inégalitaire et plus adéquate aux défis sociaux, sanitaires et écologiques.

1. Avril 2023, https://editionsatelier.com/boutique/accueil/372-quand-bien-manger-devient-un-luxe--9782708254114.html                        

Propos recueillis par François Ehrard

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