Actualités

Taxe sucre : l’inquiétude des industriels face à une nouvelle charge, dans une filière déjà fragilisée

12/10/2026

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 prévoit d’étendre la « taxe soda » aux produits alimentaires solides. Pour une industrie agroalimentaire aux marges déjà très réduites, cette nouvelle contribution suscite une vive inquiétude.

Présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 comporte, à son article 8, une mesure qui inquiète vivement les industriels de l’alimentation : l’extension de la taxe sur les boissons sucrées aux produits alimentaires solides transformés et préemballés. La taxe sur les édulcorants de synthèse est elle aussi étendue. L’entrée en vigueur est prévue au 1er janvier 2027. Les recettes de cette taxe sont estimées à 200 millions d’euros de recettes par an au minimum*.

Six familles de produits du quotidien concernées

Le texte vise six catégories : les confiseries, le chocolat et les produits chocolatés, les céréales du petit-déjeuner et les barres céréalières, les biscuits, gâteaux et viennoiseries, les glaces, ainsi que certaines préparations à base de farines ou de produits laitiers.

Trois conditions cumulatives déclenchent la taxe : le produit doit être préemballé, contenir des sucres (ajoutés ou non) et comporter au moins un additif alimentaire. Les produits artisanaux non préemballés restent hors champ, de même que les produits contenant moins de 10 g de sucres pour 100 g.

Un barème progressif, cumulable et indexé

Le montant de la taxe dépend de la teneur en sucres, selon trois paliers : 4,07 €, 14 € et 22 € par quintal (100 kg) de produit. Les seuils varient selon les familles de produits : 10, 23 et 30 % de sucres pour les céréales, biscuits et glaces ; 10, 47 et 56 % pour la confiserie et le chocolat. Une taxe sur les édulcorants de synthèse s’y ajoute, de 4,50 € à 6 € par quintal. L’ensemble est revalorisé chaque année au rythme de l’inflation.

Une industrie qui n’a plus de marge pour absorber

Cette mesure intervient dans un contexte de grande fragilité pour l’industrie agroalimentaire française. Son taux de marge nette s’établit à 3,5 % , contre 5,8 % * pour l’ensemble de l’industrie manufacturière. Près d’une PME du secteur sur trois est aujourd’hui déficitaire**. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les industriels font en outre face à une hausse de leurs coûts (énergie, transport, emballages, matières premières) qu’ils absorbent seuls, faute de pouvoir la répercuter dans leurs prix de vente.

Dans ce contexte, une charge supplémentaire pèse directement sur la capacité des entreprises à investir, à maintenir leurs sites et à préserver l’emploi dans les territoires. Les industriels du secteur expriment leur vive opposition à cette taxe et en demandent le retrait.

Un texte appelé à évoluer

Le dispositif évoluera probablement au fil du débat parlementaire. L’Assemblée nationale examinera le texte en séance du 20 au 26 octobre, avant un vote solennel le 27 octobre. Le Sénat disposera ensuite de quinze jours pour l’examiner en novembre, avant un vote définitif attendu en décembre.

* Source : Ania, à partir d​‌’une étude de la Banque de France sur la rentabilité de 13 533 entreprises agroalimentaires
** Source : Étude Banque de France - ACSEL pour la FEEF

MM

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à l'utiliser, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies.