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Prix alimentaires : après l'accalmie, la BCE anticipe une remontée en 2027

27/10/2026

L​‌’inflation alimentaire a fortement ralenti en 2026 dans la zone euro. Mais énergie et sécheresse préparent un rebond, selon une note de la Banque centrale européenne publiée le 20 octobre. La France aborde cette période avec l​‌’une des hausses de prix alimentaires les plus modérées d​‌’Europe depuis 2021.

« Il est encore trop tôt pour considérer que l​‌’inflation alimentaire a perdu son mordant. » Tel est le constat de quatre économistes de la BCE. Dans la zone euro, la hausse des prix alimentaires est tombée de 2,6 % en janvier à 1,1 % en août, son plus bas niveau depuis mi-2021, avant de remonter légèrement à 1,3 % en septembre.

Pourquoi les prix ont ralenti

Le ralentissement concerne tous les produits. Le café, le chocolat, les fruits et les produits laitiers, qui avaient beaucoup augmenté en 2025, ne contribuent presque plus à la hausse. Deux raisons principales : les bonnes récoltes européennes de 2025 et la baisse des cours mondiaux du café, du cacao et du sucre.

Pourquoi ils pourraient repartir

La hausse de l​‌’énergie liée au conflit au Moyen-Orient se diffuse peu à peu dans les coûts de transport, d​‌’engrais, d​‌’emballage et de transformation. Elle n​‌’est pas encore visible dans les prix des produits transformés. Par ailleurs, la chaleur et la sécheresse de l​‌’été ont touché les cultures à un moment critique. Parmi les quatre grands pays de la zone euro, c​‌’est l​‌’agriculture française qui a subi les plus fortes anomalies de température depuis mai, jusqu​‌’à +3,8 °C au-dessus des normales en juin.

La météo pourrait à elle seule ajouter 0,3 à 0,8 point à l​‌’inflation alimentaire européenne dans les douze prochains mois. La BCE prévoit un pic à 3,4 % au troisième trimestre 2027, soit environ un cinquième du pic qui avait suivi la guerre en Ukraine.

La France, parmi les pays les plus modérés

Depuis fin 2021, le panier alimentaire a renchéri d​‌’environ 30 % en moyenne dans la zone euro, avec de grands écarts : +24 % en Finlande, +48 % en Estonie. La France figure, avec la Finlande, parmi les pays où la hausse a été la plus faible, autour de 25 % .

La BCE rappelle que ces prix pèsent lourd dans le ressenti des ménages, car l​‌’alimentation est un achat quotidien. Si les salaires ont rattrapé l​‌’inflation générale, ils achètent encore moins de produits alimentaires qu​‌’avant 2022.

Pour l​‌’Ilec, ce diagnostic souligne l​‌’importance de prendre en compte la réalité des coûts en amont de la chaîne, afin de préserver à la fois le pouvoir d​‌’achat des consommateurs et la capacité des entreprises à produire en France.

Source : Has food inflation lost its bite? E. Bobeica, G. Koester, F. Kuik, C. Nickel, blog de la BCE, 20 octobre 2026. Les opinions exprimées sont celles des auteurs.

 

MM

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