Vie des marques

RSE

Ferrero, orientation contributive

14/02/2022

Assurer la soutenabilité de filières agricoles ou favoriser les activités ludiques et sportives des jeunes consommateurs : des engagements à long terme ou à effet immédiat, et une même volonté d’intégrer l’intérêt général. Entretien avec Christophe Bordin, responsable de l’engagement sociétal, Ferrero.

Quel est le périmètre de votre fonction ?

Christophe Bordin : L’engagement sociétal est un concept assez large qui intègre toutes les dimensions où l’entreprise s’engage à prendre ses responsabilités. Dans le cas de Ferrero, nous souhaitons aller plus loin, puisque nous aspirons à devenir une entreprise contributive, c’est-à-dire une entreprise qui crée de la valeur non plus seulement pour elle-même mais pour l’ensemble de ses parties prenantes : ses salariés, ses partenaires économiques, ses consommateurs et plus largement les citoyens. Notre équipe travaille tous les jours à cette progression qui est un long chemin.

Votre fonction réunit-elle les engagements historiques du groupe – le sportif et l’associatif en direction de la jeunesse –et la dimension environnementale ?

C. B. : Tout à fait. Parmi les projets phares de Ferrero en France, notre partenariat avec le Secours populaire nous a permis d’offrir à huit mille enfants en dix ans des vacances sportives au Village Kinder, ou encore d’accompagner les clubs et 520 000 enfants cette année dans la pratique d’un sport, en partenariat avec les fédérations d’athlétisme, de basket et de handball.

Concernant la dimension environnementale, notre équipe coordonne en France les projets de transformation en étroite collaboration avec les équipes de terrain. Notre équipe travaille de manière transversale, c’est-à-dire qu’elle coopère de façon proactive avec l’ensemble des métiers de l’entreprise. Nous avons engagé une démarche d’entreprise sous le nom de code “Play for good” : une centaine de salariés parmi lesquels une vingtaine sont réunis en comité représentant l’ensemble de nos expertises. Notre vocation est de transformer les métiers et de porter cette démarche RSE dans les pratiques de chaque métier.

Tous les salariés peuvent-ils être force de proposition ?

C. B. : Notre démarche RSE en France repose sur eux. C’est dans les métiers que nos projets de transformation sont portés, afin qu’ils soient inscrits dans la réalité du terrain et que nos pratiques évoluent durablement. Tous nos métiers sont impliqués dans notre démarche.

Double certification pour Nutella

Comment le groupe Ferrero se distingue-t-il sur le plan de l’engagement sociétal ?

C. B. : L’engagement est dans l’ADN du groupe, qui perpétue l’esprit familial depuis son origine, se donner du temps pour agir durablement. Ferrero laisse aux personnes le temps de réussir, et les projets s’inscrivent sur le long terme. Nous avons ainsi travaillé plus de quinze ans pour atteindre une huile de palme cent pour cent durable. Un choix loin d’être le plus facile, mais nous le croyions meilleur, et le temps semble nous donner raison, puisque nous sommes régulièrement reconnus pour notre travail en figurant dans le groupe de tête des acteurs responsables selon le “Scorecard” du WWF.

Depuis toujours, notre groupe familial a à cœur de créer de la valeur en prenant les affaires comme une force positive, en privilégiant lorsque c’est possible le local et en prenant toujours en compte les impacts de nos activités. C’était vrai il y trois quarts de siècle quand Pietro Ferrero est allé chercher des noisettes auprès de producteurs locaux du Piémont. C’est toujours le cas avec notre usine normande qui fabrique Nutella et Kinder Bueno, avec 56 % d’ingrédients français. Dans les filières plus exotiques, nous prenons soin de choisir les meilleures matières premières, y compris d’un point de vue environnemental. Aujourd’hui cent pour cent de notre huile de palme et de notre cacao sont certifié durables.

L’exploitation de l’huile de palme a provoqué ces dernières décennies un déboisement agressif des forêts amazonienne, indonésienne et malaisienne. À quoi s’est engagé Ferrero pour le Nutella ?

C. B. : Il y a plus de quinze ans, notre groupe a dû faire face à un choix : arrêter l’huile de palme ou s’engager pour transformer la filière. Force est de constater que nous n’avons pas fait le choix le plus facile, mais c’est un travail de long terme qui paie. Notre huile de palme est cent pour cent certifiée durable avec le label RSPO (Roundtable for Sustainable Palm Oil) depuis 2015. Beaucoup d’autres acteurs nous ont rejoints. Le travail que nous faisons est aujourd’hui reconnu par le WWF, qui nous place dans le groupe de tête des acteurs responsables dans leur Scorecard.

Le groupe Ferrero a en outre adopté une charte qui va au-delà de la certification RSPO. Elle repose sur les trois piliers du développement durable – économique, social et environnemental – et nous permet de tracer et séparer notre huile de palme des autres filières. Nos fournisseurs sont par exemple tenus de mettre en place une chaîne d’approvisionnement zéro déforestation vérifiée et des actions pour protéger les zones forestières à haute valeur de stock carbone, selon la méthode HCS, reconnue et partagée par de nombreux acteurs.

Propos recueillis par Jean Watin-Augouard

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