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Sial 2026

Quand l’alimentaire devient tendances

01/10/2026

Tendances, vous avez dit tendances ? Parmi les grand-messes agroalimentaires mondiales, le Sial Paris s’est imposé comme le référent de l’innovation. Quoi de neuf cette année ? Rendez-vous du 17 au 21 octobre 2026*, à Paris Nord Villepinte.

« Les grands salons généralistes de l’alimentation comme le Sial Paris sont nécessaires à l’industrie agroalimentaire : leur attractivité démontre leur utilité pour le secteur », se réjouit Jean-Gabriel Mollard, directeur du salon. Rodolphe Lameyse, qui chapeaute la division « Food & Beverage» [1] de Comexposium renchérit : « je ne sais pas si l’on réalise bien, en France, la chance d’avoir l’un des plus grands salons dédiés à la filière. Des salons de cette ampleur, il en existe trois dans le monde, dont l’un se déroule à Paris tous les deux ans. Ce rendez-vous business constitue un enjeu de souveraineté économique et alimentaire, d’autant que notre commerce extérieur reste sous pression depuis une dizaine d’années ».

L’animation d’un salon professionnel ne se limite pas à la commercialisation de mètres carrés ; il peut ambitionner de devenir un media enraciné dans son univers et devant, de ce fait, contribuer à son information. Il est, comme l’on dit souvent au Sial, « révélateur de tendances ». Pour anticiper son édition 2026, le Sial a renouvelé en juin dernier l’étude Sial Insights, avec Kantar, ProtéinesXTC et Circana, fondée cette fois sur les attentes des consommateurs d’une douzaine de bassins de consommation. 

Sursaut de l’innovation

Et puis il y a surtout l’espace Sial Innovation qui fête ses 30 ans. Pour cet anniversaire, 2 750 produits ont été présentés et 775 sélectionnés. « C’est un record, affirme Xavier Terlet, son animateur dès l’origine ; nous n’avions jamais atteint ce niveau et c’est une bonne nouvelle ». Sur le fondement de la base de données qu’il a créée, l’expert de ProtéinesXTC estime que 38 000 nouveaux produits apparaissent chaque année dans le monde. En sorte qu’on peut considérer le panorama issu de la sélection de Sial Innovation comme représentatif de l’innovation mondiale.

Certes, ce rebond correspond pour partie à un rattrapage des années difficiles causées par le Covid, les guerres, l’inflation alimentaire, etc., et qui avait bien sûr enjoint les industriels à la prudence. Mais, comme la nature a horreur du vide, un marché ne vit que par l’innovation. Petit paradoxe, l’innovation bouge par définition, mais elle repose sur des piliers somme toute assez stables.

Et le premier reste encore et toujours le plaisir. « C’est le métier alimentaire, apporter du plaisir aux gens, formidable ! » s’enthousiasme Xavier Terlet. Suivant les années, ces piliers prennent des physionomies quelque peu différentes. « Aujourd’hui, nous sommes moins dans le plaisir traditionnel, voire sophistiqué, observe Xavier Terlet : pourquoi ? Parce que l’effet prix nécessite un plaisir plus accessible ». Résultat : des lancements « décomplexés, expérientiels », portés sur le piment, de nouvelles textures, l’exotique, coréen tout particulièrement, après le Japon, en attendant l’Inde (pays partenaire du Sial cette année), voire l’Afrique.

Maître-mot cette année : l’hyperfonctionnalité

Désormais, pas de plaisir sans santé ! Naturellement devrait-on dire. Alors que le bio a marqué le pas – prix oblige – et que le végétal doit dépasser l’effet d’offre pour circonscrire rationnellement son marché, la santé a de plus en plus pour synonyme la naturalité. A savoir transformation minimale, liste d’ingrédients réduite avec, en prime, une réassurance locale. Pourtant, à la pointe de cette tendance, Xavier Terlet distingue un nouveau phénomène : l’hyperfonctionnalité. « Cela signifie une fonctionnalité pointue par rapport aux besoins précis d’un consommateur à certains moments ». Dans ce cas, on peut d’ailleurs frôler, voire davantage le territoire des compléments alimentaires (dont certains fabricants vont faire leur première apparition au Sial) et, bien évidemment, celui de l’alimentation sportive, ainsi qu’éventuellement – après quelques échecs passés – des catégories cibles : femmes, seniors...

Troisième pilier, celui qui légitime pour beaucoup l’activité agroalimentaire : la praticité. Cette année, elle prend la forme de… bouchées, salées comme sucrées (voir le palmarès des Sial Innovations). Le quatrième pilier reste bien sûr l’éthique, environnementale en premier lieu : empreinte carbone, économie des ressources, lutte contre le gaspillage.

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Pour aller plus loin :
Deux ans plus tôt : Sial Paris, du monde et du neuf
 

* Sial Paris, édition 2026 : 80 000 m² d’exposition - 8 000 exposants - 300 000 professionnels attendus, de 190 pays visiteurs.
[1] Six autres Sial à l’international (Canada, Chine, Inde, Vietnam, Malaisie, Indonésie), Gourmet Sélection, le Salon du Fromage et des Produits Laitiers, le Salon du Chocolat et ses déclinaisons, Wine Paris, sans oublier désormais « Le Salon » (Salon International de l’Agriculture).

 

Benoît Jullien (Icaal)

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