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Carrefour fait de l'agro-écologie son nouveau cap

09/10/2026

Le 29 septembre, lors de la journée LSA « La conso s​‌’engage », Stéphane Pierrefeu - Directeur RSE Fournisseurs chez Carrefour - a annoncé que la feuille de route RSE de Carrefour s​‌’oriente désormais vers l​‌’agro-écologie. L​‌’enseigne vise 200 fournisseurs engagés et demandera aux industriels de dix grandes filières végétales, ainsi qu​‌’aux produits à base d​‌’ingrédients animaux, une trajectoire de déploiement de programmes agro-écologiques sur le terrain.

Après le bio et les filières qualité, l​‌’agro-écologie

L​‌’annonce s​‌’inscrit dans le pilier « biodiversité » de la stratégie RSE du groupe. Jusqu​‌’ici, Carrefour mettait en avant son engagement sur les produits bio et ses filières qualité Carrefour. L​‌’enseigne veut désormais aller plus loin en sollicitant directement ses fournisseurs industriels.

Pour porter cette ambition, Carrefour s​‌’appuie sur son engagement dans la coalition Pour une agriculture du vivant (PADV). L​‌’objectif affiché est clair : 200 fournisseurs engagés en agro-écologie.

Les catégories concernées couvrent une large part des matières premières agricoles :

  • grandes cultures : blé, maïs, tournesol, colza, soja ;
  • betterave à sucre et pomme de terre ;
  • légumineuses : pois et fèves ;
  • produits à base d​‌’ingrédients animaux, dont le lait.

Ce que Carrefour attend des industriels

Carrefour demandera aux fournisseurs de ces filières une trajectoire intégrant des programmes d​‌’agro-écologie, avec des projets concrets sur le terrain et un plan de déploiement à court et moyen terme. L​‌’enseigne reconnaît que plusieurs dispositifs et méthodes existent déjà, dont certains internationaux : elle n​‌’impose pas de référentiel unique.

Le calendrier, les objectifs et les surfaces seront construits au cas par cas avec chaque fournisseur. Les industriels seront interrogés sur :

  • les moyens déployés auprès des agriculteurs : formation, primes, accompagnement technique ;
  • l​‌’organisme partenaire avec lequel ils travaillent en agro-écologie ;
  • les volumes concernés, en hectares ou en tonnes produites ;
  • les indicateurs suivis, par exemple un indice de régénération ;
  • la validation de la démarche par un tiers indépendant.

Les données seront d​‌’abord globales, puis descendront à l​‌’échelle du produit sur le long terme.

Les acheteurs Carrefour seront informés des industriels engagés. Côté financement, Carrefour ne prévoit pas de budget dédié. L​‌’enseigne évoque un accompagnement et une valorisation dont les contours restent à préciser. Sans trop préciser, Stéphane Pierrefeu évoque que Carrefour réfléchit à un « mécanisme de coûts partagés ».

Un engagement qui prolonge les SLBP et nourrit les scorecards fournisseurs

L​‌’agro-écologie s​‌’appuie sur un outil déjà en place : le Sustainable Linked Business Plan (SLBP), lancé en 2025. Pour rappel, cet accord extra-financier, conclu entre Carrefour et ses fournisseurs en complément des négociations commerciales, comprend trois engagements définis conjointement :

  • un engagement au niveau de l​‌’entreprise (BtoB), par exemple une trajectoire sur l​‌’impact du transport ou un programme d​‌’agriculture régénératrice ;
  • deux engagements liés aux produits ou services (BtoC), comme l​‌’amélioration nutritionnelle, les alternatives végétales ou l​‌’éco-conception des emballages.

Ces plans s​‌’articulent autour de quatre priorités : décarbonation, déplastification, biodiversité (agriculture régénératrice incluse) et santé des consommateurs.

Carrefour va aussi mettre en place des scorecards fournisseurs. Elles intégreront plusieurs critères pondérés différemment : SLBP signé, engagement SBTi, adhésion au Pacte alimentaire, etc. L​‌’enseigne les présente comme des « signes de confiance », reflétant le niveau d​‌’accompagnement de ses fournisseurs dans sa transition. Plus de 100 fournisseurs sont aujourd​‌’hui engagés SBTi, contre 30 en 2021.

Climat, santé : les autres chantiers de la feuille de route

La stratégie RSE de Carrefour repose sur quatre piliers : climat, biodiversité, santé, diversité et inclusion.

Climat - Stéphane Pierrefeu compare le scope 3 de  l’enseigne à un « puzzle à reconstituer » avec les données fournisseurs. Carrefour s​‌’appuie aujourd​‌’hui sur des données génériques estimées, mais attend des données carbone à l​‌’EAN d​‌’ici 24 à 36 mois. Conscient des écarts de méthodologie, il entend les utiliser d​‌’abord pour évaluer les fournisseurs, puis pour affiner l​‌’assortiment.

Santé - Carrefour vise 50 % de son chiffre d​‌’affaires issu du programme « Mieux manger », dont la définition maison s​‌’appuie sur le PNNS : Nutri-Score A, B ou C et absence d​‌’une liste de substances controversées.

Deux outils RSE sont mis à disposition des équipes. En BtoB, un outil indique pour chaque fournisseur le nombre d​‌’EAN conformes aux critères « Mieux manger ». En BtoC, l​‌’assistant de courses Hopla, propulsé par l​‌’IA générative et lancé en juin 2023, propose des alternatives orientées « Mieux manger », compose des menus selon un budget ou un régime et génère automatiquement le panier.

Des questions encore ouvertes pour les industriels

Avec l​‌’agro-écologie, Carrefour fait entrer l​‌’amont agricole dans la relation commerciale avec ses fournisseurs, après le carbone et la nutrition. Pour les industriels concernés, plusieurs points restent à clarifier : la nature de la valorisation promise, le fonctionnement du « mécanisme de coûts partagés » et le poids de cet engagement dans les futures scorecards.

SP

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