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Lancement de la 42e Collecte Nationale : l’Ilec et ses adhérents mobilisés aux côtés des Banques Alimentaires

05/11/2026

La 42e Collecte Nationale des Banques Alimentaires a été lancée le 4 novembre 2026 à la Mairie de Paris, pour se tenir les 6, 7 et 8 novembre dans près de 9 000 points de vente. L​‌’événement, placé sous le haut patronage de la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative Marina Ferrari, a réuni élus, dirigeants des enseignes de la grande distribution, partenaires institutionnels et associatifs.

Le parrain de l​‌’édition est le rugbyman à sept Paulin Riva, champion olympique à Paris 2024, originaire du Gers. Il sera sur le terrain vendredi et donnera le coup d​‌’envoi symbolique de la collecte lors du match de l​‌’équipe de France contre les Fidji, samedi.

Quelques chiffres cités :

  • Environ 130 000 bénévoles mobilisés pendant les trois jours, sur 9 000 points de vente.
  • La collecte pèse près de 10 % des produits distribués dans l​‌’année, soit environ 20 millions de repas sur plus de 200 millions.
  • En 2025, le réseau (79 banques alimentaires) a distribué environ 130 000 tonnes de denrées, dont 78 000 tonnes issues de la ramasse en grandes surfaces.
  • Le réseau compte 583 salariés et 550 camions, qui parcourent 5 millions de kilomètres par an ; le surcoût de carburant depuis janvier 2026 atteint environ 1 million d​‌’euros.

Le constat : une précarité devenue structurelle

Tous les intervenants ont fait le même diagnostic : l​‌’urgence n​‌’est plus ponctuelle, elle s​‌’est installée durablement. Le réseau accueille 2,4 millions de personnes par an, contre 1,9 million en 2020, et le palier des deux dernières années masque une hausse de la fréquence de recours : les mêmes personnes viennent plus souvent.

Les profils s​‌’élargissent. Un foyer sur trois est une famille monoparentale, et les retraités, les personnes seules et, depuis quatre ou cinq ans, les travailleurs pauvres sont de plus en plus présents (+5 points de personnes en emploi parmi les bénéficiaires en 2024). Le nombre de jeunes accueillis a augmenté de 28 % en dix ans ; dans les épiceries sociales, 87 % d​‌’entre eux disposent de moins de 200 euros par mois pour vivre et se nourrir. Une aide mensuelle de 48 euros en épicerie sociale équivaut à environ 250 euros en grande surface.

Le député Guillaume Garot, auteur de la loi de 2016 contre le gaspillage alimentaire, a parlé de « scandale » : la septième puissance économique ne parvient pas à nourrir chacun, y compris des personnes qui travaillent à plein temps. Une nouvelle proposition de loi, dix ans après la première, est annoncée.

Engagements et témoignages : une chaîne de solidarité à plusieurs maillons

La collecte repose sur la mobilisation conjointe des bénévoles, des partenaires et des pouvoirs publics, comme l​‌’ont illustré les interventions. La plateforme jeveuxaider.gouv.fr, partenaire depuis 2020, a permis d​‌’orienter plus de 40 000 bénévoles, dont plus de 8 000 déjà inscrits cette année. La moitié a moins de 30 ans, 42 % en sont à leur première mission, et 85 % poursuivent ensuite leur engagement.

Carrefour (partenaire depuis 35 ans, 1 700 magasins, 1,5 million d​‌’euros sur trois ans, produit solidaire « Wake Up » à 10 centimes par bouteille), E.Leclerc (plus de 20 ans, un million d​‌’euros pour les étudiants), Intermarché (1 500 magasins, 1 700 tonnes en 2025), Lidl (1 600 magasins), Coopérative U (900 magasins, 1 200 tonnes), Biocoop, Picard et un drive en ligne ont chacun présenté leurs dispositifs.

L​‌’Ilec a expliqué comment les entreprises de grandes marques s​‌’engagent, depuis des années, aux côtés des associations de lutte contre la précarité. Il a rappelé la Charte signée le 21 septembre 2023 avec les Banques alimentaires et Dons Solidaires. Le bilan 2025 des adhérents est parlant : 100 % donnent des produits, pour plus de 40 millions d​‌’euros ; 7 entreprises sur 10 ajoutent un don financier ; 6 sur 10 mobilisent leurs salariés ; 85 % ont un partenariat annuel avec au moins quatre associations, dont les Banques Alimentaires. Au-delà du don, les actions sont variées : produits-partage, mécénat de compétences ou financier, journées solidaires, et pour certains des productions dédiées au don.

Face à une demande en hausse constante, à la demande des Banques Alimentaires, l’Ilec a lancé, en septembre, un Défi Solidaire pour solliciter ses adhérents spécifiquement autour de la collecte, avec quatre leviers : donner des produits, financer du mécénat de compétences, mobiliser les équipes, lancer une opération produit-partage.

En moins de deux mois, une trentaine de réponses d​‌’actions ont déjà été reçues. Des dons de produits considérables comme par exemple : McCain (700 tonnes par an, dont une partie pour la collecte), L​‌’Oréal (170 palettes de soins), Bonduelle (130 palettes), Barilla (67 palettes), Unilever (50 palettes). Des centaines de collaborateurs mobilisés comme Savencia (200 collaborateurs), Lesieur (82), Nestlé (63), et certaines entreprises comme General Mills agissent sur tous les leviers à la fois. Il a remercié toutes les entreprises qui se sont particulièrement mobilisées pour la Collecte Natioanle : Barilla, Bel, Bonduelle, Carambar & Co, Coca cola CCEP, Eckes Granini, General Mills, Innocent, Kellanova, K+S-Cérébos, Lesieur, L​‌’Oréal, McCain, Mutti, Nestlé, Panzani, PepsiCo, Savencia et Unilever. La solidarité soude aussi les entreprises et leurs salariés, et le défi n​‌’est pas fini.

Enjeux et perspectives : la collecte seule ne suffit plus

Les Banques Alimentaires font face à un effet de ciseaux, avec plus de demandes d​‌’un côté et des capacités de don plus contraintes de l​‌’autre. La collecte atteint ses limites : elle est déjà présente dans la quasi-totalité des points de vente, et la générosité des donateurs, stable en valeur, perd en pouvoir d​‌’achat. Elle représenterait environ un quart de la ramasse annuelle, à collecter en trois jours.

Trois pistes de diversification ont été avancées :

  • Le don digital : « Mon panier solidaire » a progressé d​‌’environ 30 % l​‌’an dernier, et les drives, aujourd​‌’hui sous-exploités, seront davantage sollicités.
  • L​‌’achat de produits : nécessaire pour équilibrer l​‌’offre (fruits, légumes, protéines) mais coûteux, ce qui rend le financement déterminant. Les programmes « Mieux manger pour tous » (environ 11 millions d​‌’euros par an) et les produits solidaires y contribuent.
  • Le financement européen : le FSE+ couvre environ 15 % des approvisionnements du réseau (25 % pour les quatre réseaux d​‌’aide alimentaire) et finance le programme « Bon geste, bonne assiette » (1 700 ateliers, 15 000 bénéficiaires). Son renouvellement pour la prochaine programmation est en négociation, sans certitude sur son niveau. Le représentant de l​‌’État a promis de défendre un taux de cofinancement préférentiel (90 % aujourd​‌’hui) et un cadre pluriannuel.

Les orateurs ont appelé à faire ses courses les 6, 7 ou 8 novembre en ajoutant un produit au chariot, y compris avec les enfants, pour transmettre le geste.

SP

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