Bulletins de l'Ilec

Nespresso, l’effet d’entraînement

le 30/03/2017

Une mention spéciale des étudiants de l’Essec est allée à Nespresso, inventeur d’une filière de collecte-recyclage des petits déchets en aluminium et en acier. Elle concerne non seulement les déchets de capsules, mais aussi les barquettes, feuilles d’aluminium, canettes, médicaments, dans le droit fil d’une démarche engagée en 2008 avec la création d’un circuit de recyclage des capsules de la marque. D’autres s’y sont associées, ainsi qu’Éco-Emballages et l’AMF. Entretien avec Arnaud Deschamps, directeur général de Nespresso

En 2015 Nespresso avait déjà été sélectionné par l’Essec pour le projet « Métal ». La filière de collecte et de recyclage de ces petits déchets, initialement vouée aux capsules de café, devient-elle généraliste, et appelée à s’ouvrir à toujours plus de partenaires ?

Arnaud Deschamps : Nous avions été sélectionnés en 2015, mais il était trop tôt, car nous avions peu de visibilité en termes de résultats. Aujourd’hui, le projet a pris de l’ampleur, et plus de huit millions de Français peuvent déjà jeter leurs capsules Nespresso usagées, ainsi que tous leurs petits emballages métalliques, dans leur poubelle de recyclage. Une quinzaine de centres de tri sont équipés, et nous travaillons à les équiper tous en France, en collaboration avec Éco-Emballages et le Club de l’emballage léger en aluminium et en acier (Celaa). Nous avons été rejoints par Bel, Materne, Coca-Cola European Partners, France Aluminium Recyclage, le Syndicat des boîtes de boissons, l’Association des maires de France, et sommes évidemment ouverts à d’autres partenaires, les producteurs de feuilles d’aluminium par exemple. Nous espérons couvrir plus de dix millions d’habitants d’ici à la fin de l’année.

Comment la solution technique du recyclage de ces déchets a-t-elle été trouvée, alors que la question était depuis longtemps sans solution ?

A. D. : En 2009, alors que nous venions de lancer notre propre système de collecte et de recyclage de capsules, j’ai visité le centre de tri de Sarcelles, car je voulais comprendre pourquoi mes capsules ne pouvaient pas être recyclées en France. J’ai compris que tout déchet inférieur à 7 cm de diamètre, quel que soit son matériau, ne serait pas recyclé, à moins de mettre en place un « surtri » de tous ces petits déchets refusés.

Nous avons fait un pilote avec quatre centres de tri, dans lesquels nous avons installé ce surtri, équipé d’un électroaimant et d’une machine à courant de Foucault, capables de trier tous les petits emballages métalliques. En partenariat avec Alunova, une usine de pyrolyse, nous pouvons désormais refondre et réutiliser tous les aluminiums récupérés, et leur donner une seconde vie. C’est par une démarche collective que nous avons validé l’intérêt technique, environnemental et économique de cette solution, que nous souhaitons déployer dans tous les centres de tri en France.

Cette filière est-elle créatrice de valeur pour le groupe ? Va-t-elle faire des émules ?

A. D. : Oui, c’est une démarche qui crée de la valeur pour Nespresso, mais aussi pour tous les acteurs de l’aluminium et de l’acier, pour les centres de tri, les collectivités, et in fine pour tous les Français. Quant à son expansion hors de France, il faut savoir que chaque pays a son propre système de recyclage. En Allemagne, le système de tri existe depuis de nombreuses années pour les métaux. Mais dans les pays qui n’ont pas encore ce système, nous cherchons à le mettre en place, avec des partenaires locaux comme nous l’avons fait en France, car la réussite ne peut être que collective.

Pourquoi avoir lancé un « Mois de la RSE » (organisé par Nespresso cette année du 27 février au 24 mars) ?

A. D. : Nous avons lancé fin 2015 une démarche de révélation de notre entreprise. Nous agissons depuis quinze ans en faveur du développement durable, avec notre « Programme AAA pour une qualité durable », qui vise à assurer un approvisionnement en café de la plus haute qualité, tout en protégeant l’environnement et en améliorant les conditions de vie des caféiculteurs et de leurs familles. Nous avons créé notre propre système de recyclage de nos capsules en 2008 ; notre café est neutre en carbone grâce à un programme d’agroforesterie ; nous rémunérons les caféiculteurs 30 à 40 % plus cher que le prix de marché.

Ces initiatives, nous souhaitons les communiquer de façon plus forte à nos clients, membres du Club. C’est pourquoi nous avons lancé ce « Mois de la RSE », durant lequel les vitrines de nos boutiques se sont mises aux couleurs du recyclage et de l’agroforesterie, comme notre site internet, nos réseaux sociaux, et même George Clooney, qui a parlé recyclage en télévision. Il est important de révéler l’entreprise Nespresso, car les consommateurs n’achètent plus seulement des produits, mais aussi les entreprises qui les fabriquent.


 

Propos recueillis par J. W.-A.

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