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Choose France 2026 : Ferrero et Mars, l'agroalimentaire au rendez-vous

12/06/2026

93 milliards d​‌’euros. 71 projets. 15 600 emplois annoncés. La 9e édition de Choose France, le 1er juin à Versailles, est officiellement un record - largement porté par des mégaprojets IA qui représentent à eux seuls les deux tiers de la somme. Dans ce panorama dominé par les datacenters et les puces, deux adhérents de l​‌’Ilec ont choisi ce moment pour poser des jalons industriels concrets sur le territoire français : Ferrero et Mars.

Un contexte à lire sans lunettes roses

Choose France est d​‌’abord un exercice de communication politique. Les annonces ne constituent pas toutes des décisions entièrement nouvelles - certaines procèdent de plans pluriannuels déjà engagés, d​‌’autres conditionnent leurs effets à des délais longs. Le chiffre de 93 milliards dépasse d​‌’ailleurs le cumul des huit éditions précédentes : c​‌’est mathématiquement dû à SoftBank seul (45 milliards pour des datacenters dans les Hauts-de-France).

Ce cadrage posé, les annonces agroalimentaires illustrent que l​‌’attractivité française ne se joue pas que dans le cloud et les semi-conducteurs : elle se joue aussi dans les filières de production, intensives en emploi, ancrées dans les territoires. C​‌’est précisément là que Ferrero et Mars apportent quelque chose.

Ferrero : 60 millions d​‌’euros et un pari européen sur la France

L​‌’annonce Ferrero se décompose en deux volets, deux sites, deux logiques.

À Villers-Écalles (Seine-Maritime) - qui produit 26 % du Nutella mondial - 30 millions d​‌’euros sont fléchés vers la modernisation industrielle et environnementale du site, et vers l​‌’installation d​‌’une ligne de conditionnement de pots de 3 kg destinés aux professionnels. Pas de nouveau produit ici : de la densification de capacité sur une implantation déjà stratégique.

À Nieppe (Hauts-de-France), l​‌’usine de Biscuits Delacre reçoit 30 millions d​‌’euros pour lancer Nutella Cookies - avec une ligne de production présentée comme unique pour l​‌’ensemble du marché européen. C​‌’est le détail qui change la nature de l​‌’annonce : Ferrero ne crée pas simplement une ligne de production française, il positionne la France comme hub de fabrication pour une référence à vocation continentale.

Ces 60 millions s​‌’inscrivent dans une trajectoire documentée : 210 millions d​‌’euros investis en France depuis 2021. L​‌’annonce 2026 est une nouvelle étape d​‌’un programme industriel cohérent, ce qui la rend encore plus solide.

Mars : 100 millions d​‌’euros et le cap du milliard en dix ans

Mars joue un registre différent - une enveloppe plus large, répartie sur davantage de sites, mais tout aussi significatif dans son signal.

L​‌’enveloppe 2026 dépasse les 100 millions d​‌’euros répartis sur quatre implantations : 45 millions pour les sites alsaciens (Haguenau en tête, plus grande usine M&M​‌’S d​‌’Europe, pour une refonte du processus de froid industriel) ; 30,6 millions pour le campus Royal Canin d​‌’Aimargues (Gard), siège mondial de la marque, dans le cadre d​‌’un pilote industriel sur trois ans ; 15 millions pour l​‌’usine Royal Canin de Les-Rues-Des-Vignes (Nord) ; et 7 millions en Centre-Val de Loire.

La portée de l​‌’annonce tient en une donnée : avec cet investissement, Mars dépasse le milliard d​‌’euros investi en France sur dix ans. Ce n​‌’est plus un engagement, c​‌’est un bilan.

Le positionnement de Mars est celui d​‌’un investisseur déjà profondément implanté - plus de 4 000 collaborateurs, une soixantaine d​‌’années de présence - qui choisit de développer ses actifs industriels français plutôt que de limiter sa présence à la distribution et au marketing. Dans le narratif Choose France, c​‌’est précisément le type de signal recherché : la capacité du territoire à faire réinvestir durablement des groupes déjà là, pas seulement à en attirer de nouveaux.

Ce que ces deux cas signalent

Ferrero et Mars offrent deux démonstrations complémentaires. Ferrero incarne l​‌’investissement ciblé, visible, facilement lisible autour de lignes de production identifiées. Mars illustre une stratégie de consolidation industrielle multisite - enveloppe plus élevée, empreinte territoriale plus large, signal de long terme tout aussi clair.

Dans les deux cas, quatre invariants : ancrage territorial, modernisation de l​‌’outil productif, innovation industrielle, et inscription de la France dans une chaîne de valeur européenne ou mondiale. Ce sont précisément les paramètres qui, en dehors de la vitrine de Versailles, conditionnent les décisions d​‌’investissement réelles - et que le cadre réglementaire et commercial doit continuer à sécuriser.

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