Cas d’école

Responsabilité environnementale

Nespresso, l’aluminium circulaire

12/06/2020

De l’aluminium recyclé et une filière de recyclage des capsules : pour Nespresso, la maîtrise de l’impact environnemental est un cheval de bataille. Comme d’informer les consommateurs que des solutions de recyclage sont disponibles et faciles d’accès.

« Re-re-re-re-re-cyclable ! » Comment un tel message pourrait-il ne pas être compris ? Pour les consommateurs qui ne parleraient pas sa langue couramment, Nespresso précise que « l’aluminium de (ses) capsules est 100 % recyclable » et ajoute : « Nous faisons en sorte que toutes nos capsules Original soient issues à 80 % d’aluminium recyclé d’ici 2021. » Ce pourcentage pourrait être augmenté, mais « on ne peut, pour l’heure, utiliser de l’aluminium recyclé pour la membrane de la capsule, le département R&D poursuit son travail afin de trouver une solution », explique Hélène Coulbault, responsable de la communication de Nespresso France.

Depuis la fin du mois de mai et jusqu’en d’août, Nespresso prend la parole dans une campagne multimédia, affichage, presse et numérique, avec sept annonces d’un ton pédagogique et humoristique. « Nous voulons être compris de manière rapide, car l’affichage, c’est deux secondes d’attention. » Cette campagne internationale était programmée pour sortir fin mai, d’abord en France ; la fin du confinement a permis de conserver le planning initial. Sa raison d’être ? « Si dans leur grande majorité nos clients connaissent en partie les initiatives de développement durable de Nespresso, le grand public ne sait pas que nos capsules sont recyclables, comment ils peuvent les recycler, où les rapporter, ou bien qu’ils peuvent les jeter directement dans leur poubelle de recyclage », explique Hélène Coulbault.

À l’étranger, la campagne se décline avec d’autres messages, car les systèmes de recyclage diffèrent. Et c’est la première fois que la marque communique aussi bien sur l’aluminium recyclé que sur le recyclage des capsules, ce qu’il avait déjà fait en 2015 : la nouveauté, et la nouvelle avancée écologique cinq ans plus tard, c’est que ses capsules sont conçues à partir d’aluminium recyclé.

Maillage du territoire

Dès l’origine, Nespresso a fait le choix de l’aluminium : il présente le double avantage d’être le meilleur matériau pour préserver les arômes du café (air, humidité et lumière) et d’être 100 % recyclable, à l’infini. C’est depuis 1991 que l’entreprise s’est engagée dans la récupération des capsules, d’abord en Suisse. En France, les clients peuvent rapporter leurs capsules depuis 2008. Nespresso a créé son propre circuit de collecte et de recyclage, qui compte aujourd’hui cinq mille points de collecte : boutiques Nespresso, les deux tiers des déchetteries de France, et les points de retrait de colis Mondial Relay (coiffeurs, fleuristes…). « Ces points de collecte, se félicite Hélène Coulbault, permettent à plus de 90 % de nos clients d’avoir une solution de recyclage près de chez eux. » À l’heure de la lutte contre le gaspillage, la marque indique avec humour sur une de ses affiches que « tout est à jeter ».

Nespresso a voulu simplifier plus encore le geste de tri des Français, en créant en 2009, avec Éco-Emballages (aujourd’hui Citeo), la première filière de recyclage de tous les petits emballages métalliques[1], les centres de tri n’étant pas équipés pour les traiter. « On travaille avec Citeo pour équiper les centres de tri de machines à courant de Foucault, une technique qui éjecte tous les petits emballages en aluminium inférieurs à six centimètres de diamètre, explique Hélène Coulbault. Dans les centres de tri non équipés, tous les emballages inférieurs à la taille d’un pot de yaourt, qu’ils soient en carton, en plastique ou en aluminium, ne sont pas triés et sont mis en décharge ou incinérés : du gaspillage, quand on sait que l’aluminium est recyclable à l’infini. »

Ces emballages, ce sont les capsules Nespresso, mais aussi bien les barquettes, feuilles d’aluminium, les aérosols, les canettes, les plaquettes de médicaments aluminisées…

La filière a vu le jour grâce au Club de l’emballage léger en aluminium et en acier (Celaa), fondé par Nespresso en 2009, qui a réussi le pari de réunir avec Éco-Emballages des acteurs publics (l’Ademe, Association des maires de France) et privés (Syndicat des boîtes boissons, Groupe Bel, Coca-Cola) concernés par le recyclage des métaux.

« On les recycle toutes », assure une affiche. Une carte sur le site de Nespresso indique les lieux où les Français peuvent recycler, soit tous les Parisiens et une grande partie des Franciliens. « Pour le reste de la France, précise Hélène Coulbault, tout dépend de l’équipement des centres de tri. La majorité des grandes villes, Strasbourg et son agglomération, Lyon et son agglomération, Grenoble, Nîmes, Montpellier, Perpignan, Angoulême, La Rochelle, La Roche-sur-Yon, Nantes, Rennes, Rouen… ont rejoint la filière. Il revient à Citeo de suivre la modernisation des centres de tri. »

Solutions pour entreprises

Un tiers des Français ont donc déjà accès de ce service de recyclage, directement par leur poubelle de tri. Ce sera la moitié en 2022.

Pour les professionnels, Nespresso propose un service de collecte des déchets et de recyclage spécifique. Les clients qui consomment plus de cinq cents capsules par mois se voient proposer un service gratuit assuré par Paprec ou par La Poste (enlèvement par le facteur).

Toujours sur le même ton, Nespresso prodigue ce conseil : « Ne ratez pas le bac. » Traduction : recyclez nos capsules en les jetant dans le bac à tri. Souvent le bac jaune, celui du papier, du carton, des flacons en plastique… Les lycéens qui préparent l’autre bac n’auront pas été les derniers à comprendre le clin d’œil, et le message.

Ménager les ressources

Parallèlement à la promotion du recyclage de l’aluminium[2], Nespresso entend favoriser une consommation responsable des ressources, aussi bien le café, l’eau ou l’énergie. Il se veut donc « minimaliste » : « Quand la machine Nespresso prépare un espresso avec une capsule, elle utilise la dose précise de café (pas plus de 7 g), d’eau (40 ml) et d’énergie, explique Hélène Coulbault. Toutes nos machines s’éteignent automatiquement au bout de neuf minutes, et même deux pour notre nouvelle machine Vertuo Next. Le système portionné permet une consommation de précision qui optimise les ressources, alors qu’avec du café filtre le gaspillage est fréquent. »


[1] Cette filière est financée par Citeo et Nespresso, respectivement 400 € et 300 € par tonne d’aluminium sortie des centres de tri. Elle a reçu une mention spéciale des étudiants au Grand Prix de l’Essec 2017 (cf. Bulletin de l’Ilec n° 464).
[2] Nespresso recycle également ses consommables, les étuis en carton. Ainsi que les machines, réparables avant d’être recyclées.

Jean Watin-Augouard

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