Cas d’école

Mars Wrigley, toujours à la barre

24/08/2020

Implanté dans l’épicentre alsacien de la pandémie, Mars Wrigley France a réussi à y maintenir l’activité de ses usines au plus fort de la crise. Et s’inscrit dans des objectifs ambitieux de production durable au niveau mondial.

Haguenau, Biesheim et Steinbourg : trois villes d’Alsace, du Bas-Rhin ou du Haut-Rhin, dans cette région Grand Est qui a été la première touchée par le coronavirus. Et trois usines Mars Wrigley confrontées au pic de la crise sanitaire (le groupe Mars compte en France trois usines Mars Wrigley, quatre usines Mars Petcare une usine et Mars Food). Le site de Haguenau, deuxième usine de M&M’s cacahuètes dans le monde, produit des billes chocolatées, celui de Steinbourg des glaces, et celui de Biesheim des gommes. Durant la crise, les gomme et articles saisonniers de Pâques ont été particulièrement touchés, avec des ventes en repli de respectivement 16,5 et 41 % . Mais les barres ont connu une croissance de 3 % et les billes chocolatées de 8,5 % , progressant plus vite que le marché. Quant aux glaces Mars, elles se sont adjugé un bond de 38,6 % . Si le drive, les supermarchés et le commerce de proximité ont bénéficié de transferts de consommation aux dépens des hypermarchés, les marques de Mars Wrigley ont subi le contrecoup de la fermeture d’un circuit de distribution important pour elles, les cafés, hôtels, restaurants et les cinémas.

Une semaine critique et une rapide adaptation

Seule la production de l’usine d’Haguenau a dû être temporairement suspendue, du 23 au 30 mars, les effectifs n’étant plus suffisants pour faire fonctionner la chaîne de production conformément aux standards de sécurité et de qualité du groupe. Passé cette semaine critique, les trois sites alsaciens ont continué d’alimenter l’intégralité des marchés – confiserie de chocolat, gomme, saisonniers, confiserie de sucre –, afin de répondre à la demande des consommateurs avant un retour progressif à la normale. Comme les autres industries agroalimentaires, Mars Wrigley a répondu au souhait des pouvoirs publics de les voir poursuivre leur production et répondre aux attentes des populations, en évitant toute rupture d’approvisionnement.

Pour concilier cet impératif avec la priorité de la santé et de la sécurité des salariés, il a mis en œuvre des mesures drastiques de protection. C’est ainsi que le télétravail a été généralisé à tous les salariés dont l’activité permet le travail à distance. « Nous avons facilité le bon respect des gestes barrières et avons renforcé nos standards de nettoyage et de désinfection, indique le groupe. Nous avons instauré la prise de température systématique à l’arrivée sur site. Nous avons également optimisé la gestion des flux, pour limiter les contacts en supprimant tout rassemblement d’équipe, et en renforçant les distances de sécurité entre personnes. »

Au-delà de son activité propre, Mars Wrigley s’est engagé dans la crise, par le biais de sa fondation, à verser une dotation globale de 70 000 euros à trois associations alsaciennes en première ligne contre la précarité qu’a aggravée la crise sanitaire : Restos du Cœur, Relais du Cœur et Banque Alimentaire. (Par ailleurs Mars France a fait un don de 27 000 articles de protection et 250 tonnes de produits aux hôpitaux dans toute la France, ainsi qu’à des associations caritatives comme le Samu social de Paris, et un don de 150 000 euros à la Fondation des Hôpitaux de Paris Hôpitaux de France.)

L’ambition d’un nouveau modèle responsable

Les impératifs de la crise sanitaire n’ont ralenti chez Mars Wrigley ni l’innovation marketing, avec depuis juin une extension de la marque M&M’s[1] aux tablettes de chocolat, ni les investissements pour un développement durable. Mars Wrigley a prévu que ses emballages seront 100 % recyclables d’ici à 2025, et qu’ils intégreront 30 % de matériaux recyclés. « Nous travaillons avec Carrefour et Système U sur un monomatériau pour accélérer la recyclabilité de nos emballages, précise Lionel Trapet, directeur marketing de Mars Wrigley France. Mais il faut s’assurer de son innocuité et de la préservation bactériologique des produits. »

Autre ambitions du groupe en France : un nouveau modèle d’approvisionnement, pour lequel un milliard de dollars a été investi afin d’assurer avant 2025 un cacao 100 % responsable et traçable. Trois piliers sont privilégiés : la protection des enfants, en luttant contre le travail forcé et en développant leur accès à une éducation de qualité ; la préservation des forêts, en ne contribuant pas à la déforestation ; l’amélioration des revenus des petits exploitants. « Nous avons un rôle essentiel, observe Lionel Trapet, car nous sommes le premier acheteur de cacao dans le monde ; notre engagement dans la filière est fondamental. »

Au niveau mondial, dans le cadre de son programme “Sustainable in a Generation”, indique Stéphanie Domange, présidente-directrice générale de Mars Wrigley France, « le groupe envisage d’investir jusqu’à un milliard de dollars dans les prochaines années : pour aboutir à une neutralité carbone, en particulier dans les usines, en une génération ».

[1] Cf. la saga M’M’s, la Revue des marques n°104.

Jean Watin-Augouard

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