Vie des marques

Vers une pêcherie certifiée

27/11/2020

Saupiquet et les autres marques du groupe Bolton Food se donnent pour 2024 un objectif cent pour cent de pêche durable. Questions au numéro un européen du thon en conserve.

Selon quels critères une pêcherie peut-elle être dite responsable ?

Le premier enjeu est le respect de l’équilibre de l’écosystème marin. Notre approche scientifique, globale et systémique nous permet de tendre à une approche équilibrée d’approvisionnement. Nous sommes également convaincus que la création de synergies entre les entreprises et les ONG est un autre point essentiel à la mise en place d’un système durable. Notre défi consiste à trouver ensemble (armateurs, industrie du poisson en conserve, ONG et acteurs institutionnels) un équilibre qui puisse rendre la pêche véritablement durable : l’état des stocks de thon, la santé de l’écosystème marin, les méthodes de pêche et la gestion des zones de pêche. Notre logo Qualité Responsable apposé sur nos boîtes met en avant notre démarche RSE : garantir une pêche durable, respecter l’environnement, les hommes, et favoriser une alimentation saine et équilibrée. Nous savons que le développement et la pérennisation d’une activité comme la nôtre reposent avant tout sur la préservation des ressources marines et sur une gestion saine de ces ressources.

Quelle est la part de la pêche à la ligne, que vous avez introduite en 2015 pour le thon ? Votre filière se singularise-t-elle pour les autres poissons ?

Bolton Food a conclu en 2016 un accord de partenariat avec le WWF afin de garantir une pêche durable et de favoriser la traçabilité des produits de la mer. Le partenariat, qui implique l’ensemble des marques de l’entreprise (Rio Mare, Saupiquet et Palmera) et des approvisionnements, vise à atteindre d’ici à 2024 cent pour cent de pêche durable, grâce à un ravitaillement de thon provenant d’une pêcherie certifiée MSC ou de projets d’amélioration des pêcheries (“FIP”) visant à obtenir cette certification. En outre, nous avons investi dans le développement de méthodes de pêche artisanales, comme la pêche à la ligne, et dans l’intensification de la pêche sur bancs libres ou auprès de circuits certifiés, des pratiques qui représentent 33 % de nos approvisionnements en thon.

Outil de traçabilité instantané

Comment évoluent vos sources d’approvisionnement, les zones marines non surexploitées risquent-elles bientôt de ne plus l’être ? Quelle appréciation portez-vous sur l’organisation de la filière pour la préservation de la biodiversité marine ?

Notre politique d’approvisionnement suit les directives de l’ISSF et toutes les flottes qui nous approvisionnent respectent les périodes de fermeture de la pêche fixées par les Organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP), afin de permettre la reproduction et le repeuplement des thons. Une grande partie de nos matières premières proviennent du Pacifique ouest, qui affiche le taux de prises accessoires le plus faible de tous les océans.

La traçabilité est un outil essentiel pour garantir la sécurité alimentaire et promouvoir la protection de l’écosystème marin. En 2015 déjà, nous avons été la première entreprise italienne et parmi l’une des premières au monde à obtenir du DNV-GL la certification ISO 22005 (« Traçabilité de la chaîne agroalimentaire ») de notre système de traçabilité, qui nous permet de surveiller une filière aussi complexe que celle du thon. Aujourd’hui nous allons plus loin, puisque nous avons développé un outil de traçabilité instantané de nos produits. Il s’applique à plus de cinq cents références sur dix chaînes de production. Il permet de vérifier en temps réel l’ensemble de nos fournisseurs sur la planète en suivant et en contrôlant sans délai les données d’approvisionnement. Il nous permet de fournir aux consommateurs qui en font la demande, sur les sites de Rio Mare et Saupiquet, des informations détaillées et certifiées par un organisme tiers indépendant. Il est néanmoins important de noter qu’il nous est difficile de mesurer notre impact sur la durabilité des ressources, car nous ne sommes pas les seuls à agir sur les stocks.

L’activité industrielle de la conserverie a-t-elle beaucoup évolué ces dernières années, devant les enjeux de la décarbonation, de la consommation d’eau, des matières recyclées ?

Les enjeux environnementaux auxquels l’industrie agroalimentaire doit faire face ont un impact important sur nos activités. La grande question est « comment réduire l’impact écologique des processus de production sans diminuer leur efficacité ». Nous pensons y arriver en étudiant et en adoptant des solutions qui réduisent l’impact sur l’environnement et s’intègrent parfaitement aux procédés de production. Ainsi, notre démarche environnementale s’articule autour de quatre axes : réduire l’empreinte carbone et hydrique de nos usines, maximiser la récupération des déchets, réduire l’impact écologique des emballages, et réduire l’empreinte écologique sur toute la chaîne d’approvisionnement.

Cinq principes pour l’emballage

Nos usines sont certifiées ISO 14001 et notre engagement consiste à diminuer leur impact sur l’environnement. Il concerne notamment les émissions de gaz à effet de serre, la consommation en énergie et en eau, la production et le recyclage des déchets, et les matériaux utilisés pour conditionner les produits. Nous tenons à ce que les sites de Cermenate (Italie) et de Quimper, parmi les premiers d’Europe en termes de capacité de production, soient également considérés comme de bons élèves en matière de réduction de l’impact écologique.

Par ailleurs, notre politique en matière d’emballages a été améliorée pour établir les principes de choix des matériaux et améliorer la durabilité des approvisionnements. Nous avons adopté le principe « 5 R » : “rethink” (reconsidérer les matériaux d’emballage du point de vue de la durabilité environnementale et sociale, afin qu’ils soient recyclables, réutilisables ou compostables, dans une perspective circulaire) ; “recycle” (encourager le choix de matériaux recyclés et sensibiliser le consommateur à l’importance du recyclage) ; “remove” (éliminer les matériaux en excès – suremballage – et ceux qui pourraient avoir des conséquences nocives pour la santé humaine à tout moment de leur durée de vie utile) ; “reduce” (utiliser des matériaux plus légers que ceux déjà utilisés ou disponibles sur le marché) : “renew” (choisir des produits provenant de sources renouvelables, afin de minimiser l’empreinte environnementale de l’emballage).

Quelles relations entretenez-vous avec les ONG ?

Nous travaillons main dans la main avec les ONG pour la préservation des écosystèmes marins, pour garantir des produits nutritionnels de qualité, mais aussi pour accompagner les hommes qui sont derrière nos conserves. En 2016, nous avons conclu avec le WWF un partenariat sur l’approvisionnement responsable en ressources halieutiques qui s’applique à toutes nos marques. La collaboration avec le WWF se fonde sur une série de critères et d’objectifs qui visent à encourager des pratiques de pêche durable et à garantir la protection de l’écosystème marin. Nous souhaitons augmenter l’approvisionnement et la production de produits durables, ainsi que la transparence et la traçabilité pour les consommateurs. Nous avons adopté une politique sur les droits humains solide et alignée sur les bonnes pratiques internationales. Grâce au partenariat avec WWF et à la certification MSC, à travers l’un de nos fournisseurs des Îles Salomon et l’engagement de Saupiquet dans le “FIP” de l’Atlantique est, nous pensons pouvoir augmenter rapidement ces prochaines années le pourcentage de produits issus d’activités de pêche certifiées MSC dans notre portefeuille.

Combien Saupiquet représente-t-elle d’emplois en France ?

Plus de trois cent cinquante emplois directs. Notre activité génère également de nombreux emplois indirects tout au long de notre chaîne de valeur, qui va de la pêche jusqu’à la distribution de nos produits en point de vente.

Les objectifs Égalim de revalorisation de l’amont ont-ils connu un début de concrétisation dans la filière pêche ?

La filière pêche n’est pas concernée par la fixation d’indicateurs de prix de marchés (uniquement produits agricoles), de ce fait il est difficile d’évaluer l’impact de la loi Égalim sur la revalorisation de l’amont.

Comment évoluent les besoins de financement du maillon industriel de la filière ? Quel est le coût additionnel d’une pêche plus responsable – qu’elle réponde à des attentes sociétales ou à des évolutions réglementaires ?

Le coût de gestion pour développer un “FIP” sur le thon est en moyenne de 2 millions de dollars, ce qui aboutit à un coût supplémentaire moyen de 10 % sur le poisson certifié (matière première).

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