Hypocrisie très approximativement pourfendue
25/09/2024
La FCD a publié le 24 septembre un communiqué (PJ) dans lequel elle s’en prend à « l’hypocrisie des multinationales industrielles » sur la question des centrales internationales, lesquelles pour le plus grand bien des consommateurs massifient les achats de produits « bien souvent fabriqués dans les mêmes usines pour toute l’Europe, quel que soit le pays de livraison » ; la liste des produits concernés par cette assertion hardie et leur poids dans le panier moyen ne sont pas fournis par la FCD. Et celle-ci croit pouvoir affirmer aussi que les « plus grosses multinationales », sans plus d’indication sur les filières concernées, « pour beaucoup ne s’approvisionnent pas ou peu auprès de l’agriculture française ». Les agriculteurs français fournissant les deux tiers des approvisionnements agricoles des entreprises de l’Ilec, une conclusion s’impose : l’Ilec n’est plus le « lobby des multinationales » !
Après quoi, le communiqué de la FCD s’en prend aux « marges » des « industriels agroalimentaires », qui seraient à leur « niveau le plus élevé depuis 1993 » ; elle allègue en ce sens l’Insee et un ratio EBE/VA de « 43,8 % ». Selon les agrégats de l’Insee (« Comptes de production et d’exploitation en valeur », cf. https://www.insee.fr/fr/statistiques/7931016?sommaire=7760520#titre-bloc-4 pour 2023), l’excédent brut d’exploitation du « commerce » est trois fois plus élevé que celui des « IAA », et la valeur ajoutée quatre fois plus élevée : le ratio EBE/VA minore donc mécaniquement la « marge » du commerce, sans rien dire de son enrichissement véritable. Si ce ratio donne une idée de la « marge », la FCD oublie de mentionner que pour le « commerce » (nomenclature Insee toujours), il est la même année voisin de 35 % , moins que 43,8 sans doute, mais un peu loin des « 1 ou 2 % » de marge allégués sur les plateaux de télévision par les patrons d’enseignes.
Le communiqué de la FCD s’achève, au nom de la « construction en marche avant », sur la revendication d’une « date butoir amont », dont les filières agricoles ne se font pas des avocats très bruyants, et celle, devenue rituelle, de la suppression de l’encadrement promo en DPH, les catégories où les prix connaissent sur un an les plus fortes baisses en fond de rayon…
F. E.