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Étude Asterès pour la FCD : des comptes mondiaux pour un débat français

03/11/2026

À l’heure des négociations commerciales 2027, la FCD a diffusé une étude commandée au cabinet Asterès sur la rentabilité de 33 fournisseurs de la grande distribution. Ses chiffres sont présentés comme la preuve que les marques captent la valeur. Or l’étude elle-même raconte une autre histoire.

« Des dividendes deux fois plus rapides que l’activité » : vraiment ?

C’est le titre retenu par la FCD. Mais sur neuf ans (2017-2025), les chiffres de l’étude montrent que les dividendes progressent de 3,0 % par an, moins vite que le chiffre d’affaires (+3,3 % ). L’étude conclut d’ailleurs que « l’activité et les dividendes augmentent de façon parallèle à long terme ». Le « deux fois plus vite » ne vaut que sur 2022-2025, et avec un autre échantillon. 

Des comptes mondiaux, en dollars, tous circuits confondus

L’étude analyse les comptes consolidés mondiaux de groupes internationaux, convertis en dollars et toutes activités confondues : pharmacie, parfumerie, spiritueux, B2B. La part réalisée dans la grande distribution française n’est jamais isolée. Aucune page ne relie ces marges aux prix payés en rayon en France. Pourtant, les filiales françaises de ces groupes publient leurs comptes.

Un échantillon défini par le commanditaire

C’est la FCD qui a établi la liste des fournisseurs étudiés. Les grands groupes familiaux non cotés en sont absents, alors que l’étude reconnaît que les entreprises cotées et familiales n’ont pas les mêmes politiques de dividendes. L’hygiène-beauté-santé représente 30 % de l’échantillon, contre 13 % du chiffre d’affaires des produits de grande consommation. Plusieurs groupes retenus réalisent l’essentiel de leurs ventes hors de la grande distribution.

Des chiffres phares fragiles

« 101 % du résultat reversé aux actionnaires » : les rachats d’actions ne sont renseignés qu’à 56 % .

Investissement : aucun indicateur ne le mesure, ni capex, ni R&D, ni acquisitions.

CAC 40 : l’étude appelle elle-même à « rester prudent » sur cette comparaison.

Agroalimentaire français : l’étude relève que les groupes français du panel ont des marges « plutôt proches » de celles du secteur en France.

En France, les chiffres disent l’inverse

L’étude annuelle de l’Ilec, conduite avec le Professeur Simon Parienté, porte sur 2 749 industriels et 2 432 distributeurs. Elle repose sur les comptes publiés en France. En 2024 :

  • la rentabilité des capitaux employés (ROCE) des industriels alimentaires tombe à 7,7 % , son plus bas niveau depuis 2019 ;
  • celle des distributeurs indépendants atteint 14,5 % , près du double ;
  • les PME industrielles de moins de 10 M€ de chiffre d’affaires ont une rentabilité nulle ou négative.

Un débat fondé sur les faits

Le gouvernement appelle à un pacte de responsabilité entre l’amont et l’aval. Celui-ci exige un débat fondé sur des faits, des données françaises et des comparaisons entre ce qui est comparable. Le partage de la valeur mérite mieux que des comparaisons trompeuses.

Retrouvez l’étude Ilec / Pr Parienté
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MM

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