Actualités

EcoBeautyScore : l'affichage environnemental des cosmétiques entre dans sa phase critique

01/04/2026

Le compte à rebours est enclenché. À partir du 27 septembre 2026, la directive européenne ECGT (Empowering Consumers for the Green Transition), adoptée en mars 2024, entrera en vigueur dans l​‌’ensemble des États membres. Elle interdit les allégations environnementales génériques non étayées — « écologique », « naturel », « neutre en carbone » — et impose une substantiation scientifique de tout claim vert en direction des consommateurs. Pour les industriels du secteur beauté-hygiène, dont les emballages et supports marketing sont structurellement exposés à ce type d​‌’allégations, l​‌’échéance est concrète.

C​‌’est dans ce contexte que l​‌’EcoBeautyScore, développé depuis 2022 par un consortium de plus de 70 acteurs du secteur dont L​‌’Oréal, Beiersdorf ou Unilever, prend une dimension stratégique nouvelle. Lancé officiellement en Europe en juillet 2025 et déjà déployé sur près de 10 000 références, ce système attribue aux produits cosmétiques une note de A à E calculée sur 16 indicateurs — émissions de CO₂, consommation d​‌’eau, usage des ressources, production de déchets — couvrant l​‌’intégralité du cycle de vie. La méthodologie s​‌’appuie sur le référentiel PEF (Product Environmental Footprint) de l​‌’Union européenne, vérifiée par le cabinet indépendant E&H (Groupe Ecocert). Un garde-fou prévient toute sélection opportuniste : lorsqu​‌’une marque affiche le score sur une catégorie, elle s​‌’engage à le faire pour au moins 75 % de ses références dans cette catégorie.

Le dispositif est conçu sur la base du volontariat, il n’est donc pas obligatoire d’y souscrire, mais son architecture — méthodologie publique, audit tiers obligatoire, gouvernance associative indépendante — lui confère une crédibilité que les allégations génériques ne peuvent plus revendiquer à compter de septembre 2026. Alors que la Green Claims Directive, texte plus ambitieux, a été retirée par la Commission en juin 2025 sous pression politique, l​‌’EcoBeautyScore constitue de fait l​‌’un des rares cadres méthodologiques vérifiables disponibles pour anticiper le risque réglementaire. Pour les adhérents de l​‌’Ilec présents sur le segment DPH, la question de son adoption doit être considérée, au-delà des seuls enjeux de communication : c​‌’est un sujet de conformité.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à l'utiliser, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies.