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Prix encore relativement contenus en juin

06/07/2022

L’accentuation de l’inflation des prix des produits de grande consommation sur un an s’est poursuivie en juin, mais a été modeste sur un mois.

Considérée sur un mois, l’évolution des prix (méthode dite de la demande) dans un périmètre tous PGC a été moindre en mai, à 0,52 % après 1,13 % en avril et 0,73% en mai, indique IRI dans sa note de conjoncture.

Sur un mois, l’écart d’inflation entre marques et marques de distributeurs s’est resserré en juin après un pic de 1,7 point en mai où les prix des MDD avaient grimpé huit fois plus que ceux des marques. L’inflation a été semblable en juin pour les marques (0,29 % après 0,23 % ), alors que les MDD enregistraient une hausse de 1,04 % (1,91 % en mai), et les marques d’enseigne premiers prix de 1,96 % (2,78 % en mai). La plus faible base de valeur des MDD et surtout des produits premiers prix a pour effet qu’ils sont mécaniquement plus affectés par la répercussion des coûts dans le prix. S’agissant des marques, la tendance de court terme est à mettre en relation avec l’effet des tarifs négociés en février-mars, dont le plus gros a été observable. Dans la grande majorité des cas, le mois de juin n’a pas enregistré les effets de la deuxième vague de négociations entre fournisseurs et enseignes, engagée pour faire face aux hausses de coûts accumulées depuis les précédents tarifs arrêtés en décembre.

Moins que l’indice Insee

Sur un an entre juin 2021 et juin 2022, c’est une inflation de 4,90 % qui est relevée par IRI (+ 3,81 % en mai). Elle affecte le plus l’épicerie salée (+ 6,06 % toutes marques confondues) ainsi que les surgelés et glaces (6,58 % ), moins les liquides (+ 2,79 % ) et les produits d’entretien ou d’hygiène (+ 2,86 % ), avec des grandes marques encore en déflation dans l’entretien (– 0,33 % , sur un an, – 0,72 % sur un mois).

Cette inflation de 4,9 % est à rapporter à l’indice global de Insee pour le même mois, 5,8 %  : les prix dans les points de vente à dominante alimentaire ne sont pas les premiers contributeurs à l’inflation. Et ils ont été plus contenus en France que dans les pays voisins : plus de 7 % en Italie, de 9 % en Allemagne, de 10 % en Espagne.

L’inflation sur un an est plus élevée pour les MDD, à + 6,59 % , et surtout pour les premiers prix (+ 9,56 % ) que pour les grandes marques : + 4,13 % (3,16 % en avril). Si l’orientation de la courbe est spectaculaire aussi pour les marques, c’est par un effet de base : les prix des marques avaient baissé de 8 % durant la période 2013-2021. Considérés en indices (ci-contre), ils sont seulement revenus à leur niveau de 2015.

Cette inflation moyenne est loin de refléter l’évolution des coûts pour les entreprises de marques au cours de la même période annuelle. Outre qu’elles n’en avaient pas répercuté la totalité dans leurs tarifs négociables en décembre dernier, l’issue des négociations commerciales s’était soldée pour elles en mars par une répercussion dans les prix de cession limitée aux matières premières agricoles, à l’exclusion le plus souvent des « matières premières industrielles » (matériaux d’emballage, énergie, transport…), qui ont pourtant souvent constitué l’essentiel des surcoûts pour elles.

Effet encore attendu mais assez prévisible des renégociations tarifaires

Dans le périmètre des filières “Égalim” visé par les lois de 2018 et 2021, la hausse des prix a atteint 5,17 % sur un an tous circuits (4,10 % en mai) : 6,53 % pour les MDD mais seulement 4,54 % pour les marques, c’est-à-dire le même taux que celui des prix de cession « trois net » en mars dernier entre industriels de l’agro-alimentaire et centrales d’achat (source : enquête Ilec).

Sur un mois, la tendance a été en juin à une inflation moindre qu’en avril et mai, à 0,54 % en moyenne pour les produits alimentaires du périmètre Égalim : + 0,32 % pour les marques et + 1,03 % pour les MDD.

La deuxième vague de négociations, avec dans la plupart des cas un nouveaux tarif applicable au 1er juillet, devrait se faire sentir davantage dans les prix dans les mois à venir. Mais pas de façon débridée : alors que les hausses de coûts depuis le début de l’année sont évaluées à + 11 % dans le périmètre Ilec (47 % du CA des grandes et moyennes surfaces), les industriels ont encore une fois choisi de ne pas les répercuter intégralement lorsqu’ils ont adressé à leurs clients leur nouveau tarif, en hausse évalué par l’Ilec à + 7,4 % en moyenne.

Ilec FE

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