Bonnes pratiques

La comptabilité écologique au renfort du bio

17/09/2026

Selon une expérimentation menée par Les Prés Rient Bio avec Fermes d’Avenir, une ferme laitière aurait besoin de plus de 112 000 euros pour atteindre ses objectifs écologiques et humains.

Connue pour sa marque d’ultrafrais bio Les 2 Vaches, Les Prés Rient Bio va étendre à trois nouvelles exploitations de son réseau [1] une expérimentation de comptabilité écologique menée avec l’association Fermes d’Avenir. Un premier travail réalisé dans une ferme laitière biologique de la Manche estime à 112 574 euros – c’est précis ! - les dépenses supplémentaires nécessaires pour atteindre les « Bons Etats Ecologiques » BEE), un concept issu des directives européennes sur l’eau ou le milieu marin et décliné par les instituts de recherche, l’Inrae et l’Idele notamment. Chacun sait que la transition agroécologique et l’amélioration du statut des agriculteurs suscitent une augmentation des coûts que les exploitants agricoles ne peuvent pas supporter seuls.

Les Prés Rient Bio prévoit de poursuivre dans les prochains mois ses expérimentations de comptabilité écologique auprès de trois autres fermes de son réseau. L’entreprise travaille avec un réseau de 48 éleveurs partenaires en Normandie. Pour cette première expérimentation, elle s’est associée à Fermes d’Avenir afin d​‌’appliquer à une exploitation agricole la méthode de comptabilité C.A.R.E. (« Comprehensive Accounting in Respect of Ecology »).

A l’échelle de la filière et des territoires

Fermes d’Avenir prône le partage des surcoûts entre les différents acteurs des filières agricoles et des territoires après avoir développé le programme d’accompagnement FinBEE (Financement collectif des Bons Etats Ecologiques). L’objectif est d’utiliser les diagnostics réalisés à l’échelle des exploitations pour alimenter les décisions concernant le financement de leur transition.

Le dispositif vise notamment à mettre en relation l’évaluation de la situation environnementale et humaine des exploitations avec les décisions économiques prises à l’échelle d’une filière. Il doit également permettre, selon Fermes d’Avenir, de construire des stratégies mesurables à partir des diagnostics obtenus et d’identifier certains risques susceptibles d’affecter la résilience des filières et des territoires.

Dans leur communication, Fermes d’Avenir et Les Prés Rient Bio estiment que les 112 574 euros identifiés constituent une « dette écologique non remboursée ». Il ne s’agirait donc pas d’une dette financière classique mais, suivant la méthode C.A.R.E., une dette comprenant, au moins, environ 80 000 euros de coûts liés à la préservation de la nature et 20 000 euros destinés à l’amélioration des conditions de travail de l’agriculteur.

95 839 euros déjà investis

En outre, à ce stade, l’exploitation analysée dans la Manche ne partait pas de rien. Selon l’étude réalisé dans ce GAEC, 95 839 euros avaient déjà été consacrés à de bonnes pratiques. L’analyse conduite par Fermes d’Avenir poursuivait quatre objectifs : évaluer l’état des capitaux naturels et humains de la ferme ; mesurer le niveau de ce que la méthodologie désigne comme la « dette écologique non remboursée » ; estimer la durabilité écologique du modèle économique actuel de l’exploitation et, enfin, comparer ce fonctionnement actuel de la ferme avec l’hypothèse d’un passage à un système entièrement herbager.

[1] Le réseau de Les Prés Rient Bio compte, en septembre 2026, 48 élevages partenaires. L’autonomie alimentaire des troupeaux atteint 94 % . Les prairies représentent 84 % de la Surface Agricole Utile (SAU). Enfin, les animaux disposent d’au moins 220 jours de pâturage par an.

Benoît Jullien (Icaal)

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