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Coût environnemental : deux enseignes s'engagent, la question du format reste ouverte

30/06/2026

Carrefour rejoint désormais Leclerc dans le déploiement du coût environnemental sur ses marques de distributeur. Deux enseignes affichent ainsi le même type de score, sans que la réglementation française n​‌’ait encore tranché le format de cet affichage.

Une méthode stabilisée, pas encore une norme opposable

Comme nous l​‌’écrivions en mai dernier, la méthode de calcul publiée le 13 mai 2026 par le CGDD (Commissariat général au développement durable) et l​‌’Ademe constitue un travail sérieux et progressif, mais reste à ce stade une méthode stabilisée, non une norme opposable. Pour mémoire, elle distingue trois niveaux de précision croissante : le niveau 1, fondé sur des données moyennes issues d​‌’Agribalyse et seul niveau opérationnel à grande échelle aujourd​‌’hui ; les niveaux 2 et 3, reposant sur des données spécifiques aux entreprises, avec vérification par tierce partie pour le niveau 3 - un référentiel encore en construction à l​‌’Ademe.

Le problème de fond : la comparabilité des scores

Nous avions souligné que le problème ne se situe pas dans la méthode elle-même, mais dans la comparabilité des scores au sein d​‌’une même catégorie de produits, a fortiori entre MDD et marques nationales. Un score calculé en niveau 1, sur des coefficients d​‌’impact moyens, et un score intégrant des données réelles de production en niveaux 2 ou 3, ne reposent pas sur les mêmes bases. Cette difficulté prend une dimension nouvelle avec l​‌’engagement simultané de deux grandes enseignes.

Carrefour et Leclerc : deux démarches, un format encore incertain

Leclerc a déployé le coût environnemental sur plus de 6 000 de ses MDD alimentaires, en drive d​‌’abord, calculé au niveau 1 et majoritairement à partir d​‌’Agribalyse. Carrefour annonce à son tour le lancement de cet affichage sur une sélection de produits, dans le cadre du collectif En Vérité, qui réunit une soixantaine de marques de l​‌’agroalimentaire et de la distribution, avec une arrivée en rayons visée début 2027.

L​‌’État n​‌’ayant pas arrêté de format réglementaire pour cet affichage, rien ne garantit à ce stade que les deux enseignes retiennent une présentation identique - échelle de points, code couleur, niveau de précision affiché. Une divergence de format entre deux distributeurs pourrait fragiliser la lisibilité du dispositif pour le consommateur, qui voit deux chiffres sur deux étiquettes sans nécessairement disposer des clés de lecture de la méthodologie sous-jacente.

Ce qui reste à clarifier

La question du périmètre de calcul - l​‌’impact étant aujourd​‌’hui exprimé aux 100 grammes, sans tenir compte des écarts de consommation réelle entre catégories de produits - demeure également en suspens. Dans ce contexte, une concertation structurée entre fabricants de MDD et marques nationales sur les règles de calcul et les conventions d​‌’affichage par catégorie continue de constituer, comme nous le relevions en mai, une condition de crédibilité du dispositif dans son ensemble - d​‌’autant plus que le nombre d​‌’acteurs engagés volontairement augmente avant que le cadre réglementaire ne soit fixé.

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